Des propos diffamatoires envers le personnel hospitalier des petites villes et donc contre le monde rural ont été tenus dans les médias par un Professeur Parisien garant de la pensée unique et co-responsable de la lente destruction de notre système de santé.

Le Pr Vallencien qui persiste dans l’erreur avec une grande constance depuis de nombreuses années continu de diffuser dans un récent rapport l’idée selon laquelle les petits hôpitaux seraient responsables de tous les problèmes que rencontre notre système de santé ! La liste de 113 hôpitaux dont les blocs seraient dangereux est diffusée sans aucune retenue ni aucun égard pour le personnel qui s’investit quotidiennement dans ces services Un tiers des blocs des hôpitaux publics serait fermé ! Essentiellement dans les zones rurales !. Et ceci, comme le souligne notre ministre de la santé,sans qu’aucune étude de terrain n’ait été réalisée.

Notre système de santé mérite mieux que ces anathèmes et ces diffamations: soit Mr Vallencien possède des éléments qui prouvent que la santé des patients est en danger dans ces structures et il est irresponsable de ne pas les donner afin qu’une enquête soit immédiatement diligentée, soit il ne possède aucun argument sérieux et il s’agit alors de propos diffamatoires!.

Aucune donnée scientifique ni aucune étude médicale sérieuse ne montre à ce jour de relations entre la taille d’un bloc et la sécurité selon le rapport du Conseil Economique et Social. Aucune étude ne donne d’information sur un quelconque seuil d’activité. Il n’est pas sérieux de proposer la destruction de tout un système de santé et par conséquent de territoires ruraux entiers sur des hypothèses farfelues héritées d’une idéologie dépassée.

Le souhait des Chirurgiens d’être mieux rémunéré ,de faire moins d’heures de travail et de conserver la liberté de s’installer là ou ils veulent peut certainement être entendu. Mais les usagers ne sont pas responsables du manque de médecins et de l’incapacité de nos dirigeants à anticiper la catastrophe de la démographie médicale qui s’annonce . Les Usagers ne peuvent accepter qu’il y ait une partie de la France ou vivent les médecins et une autre partie ou vivent les malades! . Il est difficile de croire que la sécurité est mieux assurée quand on fait se déplacer les malades !

L’égalité devant les soins pour tous quelque soit sa classe sociale ou son lieu de résidence est inscrite dans la loi et dans la déclaration de 1945. Sa défense est le principe fondateur de la Coordination Nationale

Il est inadmissible de laisser sous-entendre que les médecins étrangers, sans lesquels ne pourrait fonctionner notre système de santé mis à mal par 25 années de numérus clausus irresponsable, sont incompétents. Leur formation pour la plupart d’entre eux a été validée par ces mêmes professeurs qui nous expliquent maintenant qu’elle serait " insuffisante " .Il faut être bien présomptueux pour prétendre que seule une formation hexagonale serait de qualité. Il faut être bien mal informé pour laisser sous-entendre que les médecins étrangers ne sont que dans les petits hôpitaux: comment fonctionnerait donc l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris sans eux ?

Seuls des relents nauséabonds d’une idéologie suspecte peut justifier de telles insinuations.

Il est inadmissible de faire un amalgame entre activité , compétence individuelle et activité collective. Mettre un seuil à 2000 actes par an est complètement farfelu: 2000 actes pour 3  chirurgiens n’est pas équivalent à 2000 actes pour 8

Il est inadmissible de faire croire aux populations que la fermeture d’un bloc n’entraîne pas la fermeture de la maternité. Comment maintenir des anesthésistes et les équipes de bloc sans activité chirurgicale ? et comment maintenir une maternité sans anesthésistes ? . A moins de considérer que seuls les chirurgiens soient dignes d’avoir une activité professionnelle ?

Il est inadmissible de faire croire qu’un centre de rééducation ou un hôpital local offrent les mêmes services qu’un centre hospitalier avec un bloc. Nos gouvernants doivent cesser de mentir à la population: quand le bloc ferme ce sont les services qui assurent la sécurité à la population: chirurgie, maternité , réanimation qui ferment. Il faut arrêter de jouer sur les mots : certes l’hôpital ne ferme pas, certes les emplois sont maintenus mais le service rendu à la population en terme de sécurité n’est plus comparable !

Il est inadmissible de faire croire que la France disposerait d’un hôpital pour 20 000 habitants alors qu’il n’y a que 370 établissements de soins disposant d’un bloc pour 60 millions d’habitants ( ce qui fait un bloc pour 160 000 habitants)

Il est inadmissible de faire croire à la population que l’on pourra couvrir chaque ville de France avec un hélicoptère volant nuit et jour et par tout temps !

Il est inadmissible de laisser sous entendre que certains hôpitaux seraient soumis à des normes de sécurité plus ou moins sérieuses .Tous les hôpitaux sont contrôlés par les ARH et sont soumis aux même critères d’accréditation

Oui ,il est nécessaire de poser le problème de l’évaluation des pratiques professionnelles pour les médecins mais sans à priori : on connaît tous, comme on connaît d’ailleurs de bons garagistes ou de bons footballeurs, de bons médecins dans les petites villes et de bons médecins étrangers. Depuis quand suffirait il d’être Français vivant dans une grande ville pour être automatiquement " bon "?. Si dans cette évaluation , il est décidé de faire rentrer le nombre d’acte, cela ne peut être qu’une évaluation individuelle! Par quel miracle les actes faits par un collègue dans le même bloc rendrait le confrère chirurgien plus compétent?

Oui, il faut plus de transparence dans nos hôpitaux non seulement sur le nombre d’actes mais également sur le taux de complications, sur les frais réels qu’auront à payer les patients ( il faut avoir le courage de dénoncer les " dessous de table ") , sur l’existence d’un secteur privé à l’hôpital, sur les relations entre Professeurs et industrie pharmaceutique et hospitalisation privée, sur les congrès offerts par les laboratoires, sur les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous en public et en privé, sur la satisfaction des usagers etc. Et là , on s’apercevra peut-être que les hôpitaux les plus performants ne sont pas forcément les CHU !

Oui, il faut cesser de tromper la population en appelant tout établissement de soins un " hôpital " Les services rendus à la population par un CHU et par un hôpital local ne peuvent pas être les mêmes! La Coordination Nationale propose dans son programme une classification en 4 niveaux , l’hôpital local avec ses services d’hébergement et médicalisé par des médecins généralistes, le Site Hospitalier Territorial de Proximité ( SHTP)correspondant à la plus petite unité sanitaire autonome indépendante et comportant donc les services de chirurgie, maternité, médecine, surveillance continue, SMUR et imagerie, les centres hospitaliers départementaux et les CHU.

L’objectif d’un système de santé égalitaire serait qu’aucun habitant ne soit à plus de 45 minutes d’un SHTP et à plus d’ 1 h 30 d’un centre de référence.

Oui, il faut que les hôpitaux fonctionnent en réseau !. Si 7O % des actes de chirurgie viscérale concernent des interventions pouvant être pratiquées par tous les chirurgiens et donc dans les petits hôpitaux , 30 % sont des interventions plus lourdes nécessitant l’appui d’un plateau technique de référence. Il ne s’agit pas de " fuite " comme on voudrait nous le faire croire mais d’un fonctionnement en réseau dans lequel les interventions les plus lourdes sont confiées au CHU

Oui, il faut évaluer les conséquences de la fermeture des petites structures. Il est scandaleux que l’on soit incapable de savoir combien de femmes ont accouché dans des ambulances, combien de décès indus sont la conséquence de ces restructurations. Quelle est l’augmentation des coûts de transport, quelles en sont les conséquence en terme de prévention et d’accueil des populations les plus démunies.

Oui, il faut poser le problème préoccupant de la démographie médicale et de ses conséquences. Quand un bloc ferme c’est l’ensemble des services MCO qui ferme, puis dans un second temps apparaît une pénurie de médecins de ville,( Cela a été observé et étudié en Normandie) . Les jeunes médecins ne s’installent pas là où il n’y a .pas d’hôpital. Cette pénurie entraîne dans les campagnes un sentiment d’abandon et d’insécurité qui freine tout développement économique. Il est absurde dans un contexte de pénurie médicale, de proposer que les chirurgiens déjà en nombre insuffisant, cessent d’opérer pour se charger de tâches administratives.

Oui, la fermeture de ces 113 blocs verrait se multiplier les zones blanches ( zone géographique dont les habitants sont situés à plus de 45 minutes d’une structure hospitalière comprenant une maternité et un bloc opératoire ). Un chiffrage rapide mais à préciser en détail, mettrait près d’un million de Français à plus de 45 minutes d’un hôpital

Oui, Fermer un hôpital a des conséquences gravissime en terme d’aménagement de territoire. C’est pour cela que la Coordination Nationale estime que la santé est un sujet bien trop sérieux pour ne le laisser qu’aux seuls technocrates de la santé!

Après un débat contradictoire et après un référendum, si la population le juge possible, la fermeture d’un bloc et sa transformation en structure d’hébergement ou hôpital local peut être envisagé mais pour la Coordination Nationale ce débat doit être loyal et argumenté !