A l’intention de Messieurs et Mesdames le journalistes

Pour l’intersyndicale CGT-SUD-CFDT Mr P. Cueiuille

 

 


 

 

Dimanche 4 janvier 2009, une infirmière de l’Hôpital Pierre Janet échappe de peu à la mort dans l’exercice de sa fonction

Un patient hospitalisé s’est précipité sur une jeune infirmière, la projetant sur un lit en tentant de l’étrangler, de lui briser la nuque.

 

C’est insupportable !

 

Mais il n’y a pas de fatalité. Un tel drame aurait pu être évité et ce type d’incident pourrait se reproduire, si rien n’est fait pour remédier à la grave insuffisance en personnel soignant dans les services d’hospitalisations complètes et plus généralement en psychiatrie.

C’est ce qu’ont exprimé les personnels, très affectés, du lieu d’hospitalisation concerné, solidaires de leur collègue agressée, au Comité Hygiène Sécurité du vendredi 16 janvier .

 

Déjà dans le passé, les personnels de l’Hôpital Pierre Janet avaient affirmé, suite aux tragiques évènements de Pau, lors de la manifestation en mémoire de leurs collègues :

« Ce qui s’est passé peut se produire dans la plupart des Hôpitaux  de psychiatrie de France, dont celui du Havre. Les infirmiers et les aide-soignants sont en nombre insuffisant dans les lieux d’hospitalisations complètes pour assurer leur sécurité, celle des usagers, des conditions normales de soins ».

 

Ont-il été entendus ? Force est de constater que Non !

 

Nous n’avons eu droit qu’à la communication gouvernementale pour rassurer la population, donner l’illusion de l’action et masquer au public la volonté maintenue de démantèlement de la psychiatrie publique : 50 000 lits supprimés en moins de 20 ans.

 

Mr Dubosc, Directeur de l’Agence Régionale de la Haute-Normandie est un bel exemple de cette politique aveugle  et cynique, qui fait fi des besoins des usagers, de la sécurité des personnels

N’a-t-il pas affirmé que les 32 postes déjà supprimés en psychiatrie au Havre, (dans le cadre du plan de retour à l’équilibre du Groupe Hospitalier du Havre), ne sont que le 1ière étape d’un objectif plus large de suppression de 102 postes sur les 550 existants ?!

 

 

Les personnels de l’Hôpital Pierre Janet aiment leur travail.

 

Ils refusent avec force , le discours actuel véhiculé par le gouvernement, ce discours de stigmatisation de tous les citoyens victimes de maladies psychiques, tant d’entre nous.

 

Ils refusent cette fausse équation

Malades psychiques = fous= criminels potentiels bons à enfermer.

 

Cette fausse équation si déshumanisante, si humiliante, qui tend à inoculer dans les esprit : « pour eux », il n’y a pas besoin de soignants mais de gardiens.

Mais ils savent que l’angoisse insupportable, la violence contre soi-même ou contre autri, ne peut être prévenue, contenue, empêchée, sans une présence soignante forte qui sécurise aussi bien le patient que l’environnement  de soins.

 

C’est ce qui a fait défaut le Dimanche 4 janvier.

C’est ce qui fait de plus en plus fréquemment défaut.

Les personnels sont sortis en colère du CHS.C.T. du 16 janvier.

La direction de l’Hôpital a fait montre, au travers de son discours, de son impuissance à changer la situation : « Vous avez raison, mais nous ne pouvons rien faire, on (ARH) refusera de nous donner des moyens humains supplémentaires. La seule chose que nous puissions faire, c’est démunir les autres services de secteur de santé mentale »..

 

C’est inacceptable !

 

Le Lundi 19 janvier, les personnels de l’hôpital Pierre Janet seront donc en grève et se rassembleront à 13heures 30

Lors de ce rassemblement, ils rappelleront à la Direction du GHH :

 

« Votre devoir en tant qu’employeur est de préserver la vie, l’intégrité physique et psychique de vos salariés dans le cadre de leur travail. »’