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COMITÉ DE VIGILANCE POUR LE MAINTIEN DES SERVICES PUBLICS DE
PROXIMITÉ |
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Président : Michel ANTONY 3
rue Labarbe - 70200 MAGNY VERNOIS –
(France) (
et 2
03.84.62.91.65 - Michel.Antony@ac-besancon.fr |
Quelques précisions sur les
problèmes hospitaliers autour de Lure et de Luxeuil |
Bonjour,
Vu les approximations souvent
répétées et parfois fausses, et l’ignorance de la grande majorité de la population
locale sur les problèmes hospitaliers de notre secteur, je me permets de
proposer les remarques suivantes à fin de publication, ou comme lettre ouverte.
C’est d’autant plus nécessaires que des initiatives multiples se croisent et
risquent stupidement de ce court-circuiter.
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Il n’y a plus d’hôpital à Luxeuil et à Lure, ni même à
Vesoul.
Depuis la fusion de 1999-2000, les trois hôpitaux de Lure, Luxeuil et Vesoul ne
forment plus qu’une seule entité, qui s’appelle un CHI – Centre Hospitalier
Intercommunal. On doit donc parler de site hospitalier pour chacune des trois
villes, qui perdent toutes leur autonomie.
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Ce CHI a un projet de nouveau site hospitalier dit
« hôpital départemental » à l’horizon 2007-2008,
qui se situerait dans le quartier des Haberges à Vesoul, ce qui est totalement
excentré par rapport aux trois villes. Il n’y a même pas eu entente pour le
mettre par exemple dans une position plus favorable pour chacun des trois sites
actuels. De plus les accès rapides qu’il nécessite (RN19 et RN57) sont toujours
à l’état de projet. Les terrains de cet « hôpital » ne sont toujours
pas totalement achetés, la première pierre n’est pas prête d’être posée, et
l’horizon 2007-2008 constamment réaffirmé semble totalement surréaliste en
regard de la lenteur des constructions publiques de ces dernières années.
·
La politique du CHI est pourtant déjà résolument centraliste
et vésulienne.
Il y a une direction commune assumée par Monsieur ROCHE (directeur du CHI) dont
la position est totalement en faveur d’un regroupement des structures, et pour
qui tous les grands services doivent être localisés à Vesoul. Il est totalement
appuyé par Monsieur JOYANDET, président du Conseil d’Administration, comme
vient de le rappeler leur conférence de presse commune où ils osent se
féliciter d’une fusion bien menée : pour Vesoul certainement, puisque tout
ou presque a quitté Lure et Luxeuil . Les
déménagements sont en effet déjà pour la plupart effectués alors que le nouvel
hôpital est encore dans les cartons. La précipitation et la non transparence
des dossiers sur cette fusion est totale et dénoncée également publiquement par
le responsable de l’ARH – Agence Régionale Hospitalière lui-même.
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En conséquence, les sites de Luxeuil et de Lure sont
systématiquement dépouillés de leurs services essentiels
- Luxeuil a perdu notamment la maternité, les urgences, le
SMUR (en 2003) et l’ORL (en 2004)
- Lure a perdu notamment les soins intensifs, la cardiologie, les urgences (en
2002-2003) et la chirurgie (en 2004). Les deux sites de Lure et de Luxeuil, en
perdant le titre d’hôpital, ont perdu tous les services principaux qui leur
permettaient de répondre aux besoins des populations et qui leur conservaient
une certaine attractivité.
·
Luxeuil et Lure ne sont donc plus du tout attractifs professionnellement
(en médecins, infirmiers et autres personnels liés au milieu hospitalier).
Ceux qui veulent miser sur une nouvelle attractivité pour attirer des personnes
sur ces deux villes soient se moquent du monde, soient méconnaissent totalement
les dossiers.
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À ce drame général s’ajoute le problème encore plus grave
des urgences et des SMUR sur Lure et sur Luxeuil.
Le responsable du service unique des urgences, le docteur WACHSCHAL applique
lui aussi à la lettre la centralisation sur Vesoul, et le fait d’une manière
cassante, technocratique et autoritaire (ce qui est dénoncé explicitement dans
l’audit ministériel fait sur le CHI). Par son attitude, soutenue de fait par
messieurs ROCHE et JOYANDET, il a contribué à faire fuir des urgentistes et à
empêcher la venue de nouveaux. Ils portent donc tous les trois une très lourde
responsabilité (le docteur WACHSCHALL a même été à l’époque condamné par ses
pairs de la Commission Médicale d’Établissement, ce qui est rarissime en milieu
médical) ; mais ce responsable des urgentistes ne serait rien si la
direction de l’hôpital et les responsables du CA prenaient enfin les décisions
qui s’imposent. Ce qui n’a jamais été fait.
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Le résultat de cette politique néfaste est d’abord la
SUPPRESSION DES URGENCES sur Luxeuil et sur Lure.
Il n’y a plus d’urgence, il faut le répéter et l’expliquer constamment :
il n’y a plus qu’un accueil de soins non programmés, sans présence
d’urgentiste.
Cet accueil sur Lure et sur Luxeuil est de plus fermé la nuit de 24h à 8h du
matin.
Donc un malade ou un accidenté qui est amené à Lure de jour risque de ne pas
voir un médecin formé pour les urgences, comme le sont les seuls
urgentistes ; de nuit il trouvera les portes fermées, avec la présence
d’un simple gardien.
·
Le deuxième résultat est la suppression d’un des trois SMUR
– Service Mobile des urgences du CHI, soit la perte d’1/3
de nos moyens de transports sanitaires.
C’est sur Luxeuil que le 3° SMUR a pour le moment disparu
alors que les deux restants sont actuellement localisés à Lure et à Vesoul ;
les habitants de la région de Luxeuil dépendent donc du service général (SAMU
centré sur Vesoul) et des SMUR de Vesoul et de Lure ; quand ceux-ci sont
insuffisants ou déjà occupés, on fait appel aux SMUR de Montbéliard-Belfort,
Remiremont ou Besançon… ? Les ambulanciers, les sapeurs pompiers sont de
plus en plus sollicités, passent un temps de plus en plus grand sur les routes
et n’arrivent plus à satisfaire les demandes. Quand un accident survient à
Passavant ou à Servance, les SMUR de Vesoul et de Lure sont mobilisés ; ce
sont donc les autres régions de notre vaste secteur qui sont alors dépourvues.
·
Pour réagir contre le danger désormais évident qui menace
les populations sous-vosgiennes, deux organisations citoyennes et pluraristes
tentent de mobiliser les populations et de soutenir les actions, mais elles
semblent de fondement différent :
- le Comité de
vigilance pour le maintien des services publics de proximité de Lure et de Luxeuil reprend plus de
20 ans de lutte, surtout sur la région de Lure, et s’est fondé en association
loi 1901 en début 2003. Depuis un an il se bat pour sauver les services
publics, spécialement les services hospitaliers, et depuis 6 mois il se dresse
contre la fermeture des urgences et contre la fermeture du 3° SMUR, celui de
Luxeuil en demandant sa rapide restitution. Manifestations, occupations, marche
escargot, soirée aux chandelles… ont ponctué son existence, avec surtout le
dimanche 25 janvier 2003, une consultation pour le maintien des urgences 24h
sur 24h et pour un SMUR sur chacune des deux villes de Luxeuil et de
Lure : 102 communes engagées, 50% de votants, soit près de 25 000
participants, dont plus de 99% pour le maintien. Un gros succès. Le comité de
vigilance a appelé ses membres et les habitants à participer à la manifestation
de Luxeuil, avec unanimité des 170 membres de son Assemblée Générale (seulement
4 abstentions).
- le Comité pour le SMUR de Luxeuil et
de Lure vient de naître autour de quelques médecins libéraux
essentiellement luxoviens, dans une optique plus libérale que de service
public, avec quelques tentations plus localistes que générales, même si après
débat il a ajouté la défense du SMUR de Lure après celui de Luxeuil. Ce comité
a fait du SMUR son principal axe de bataille. Comme c’est également le nôtre,
nous avons demandé à travailler avec eux en Assemblée générale et par
courriers, mais nous n’avons jamais eu de réponse. Pire à nos yeux ils n’ont
même pas appelé à soutenir la consultation et ont refusé dans leur assemblée
d’en faire état, malgré une demande d’un élu luxovien.
Cette
mesquinerie nous semble tristement dommageable pour la lutte commune et pour le
bien de toute notre région. Nous sommes unitaires et solidaires malgré tout et
nous nous félicitons du succès de la manifestation du samedi 31 janvier à
laquelle nous étions massivement présents, sans aucune volonté de récupération,
même si notre assemblée générale avait tenu à ce que nous y portions une
banderole.