COORDINATION NATIONALE
DES COMITES DE DÉFENSE DES HÔPITAUX & MATERNITÉS DE PROXIMITÉ

REGION FRANCHE COMTE


SITE DE LURE ET LUXEUIL

 

 


 

COURRIER A L'A.R.H. en date du 13 mai 2004

 

À Monsieur BLÉMONT
Responsable de l'ARH de Franche Comté

Monsieur,
Nous savons bien que la crise hospitalière qui touche le secteur du CHI Lure-Luxeuil-Vesoul est une crise tant générale (de démographie médicale, de meilleure répartition des médecins…) que locale (une direction autoritaire et un CA trop inefficace) et qu'elle vous échappe partiellement.
Nous savons bien également que vos convictions et vos discours sont souvent plutôt favorables à notre cause et aux grands principes d'équité territoriale et sanitaire qui nous animent.
Mais force nous est de constater, Monsieur BLÉMONT, que vous n'avez rien su ou pu faire pour empêcher la réalisation d'une fusion destructrice tant pour Lure et Luxeuil ; que vous n'avez rien su ou pu faire pour contrer une direction et un fonctionnement néfastes et conflictuels du CHI, que même une mission ministérielle avait largement dénoncés ; que vous n'avez rien su ou rien pu faire pour protéger les personnels, certains soumis à des déplacements autoritaires qui ont toute l'allure de sanction pour leur engagement citoyen. Vous êtes donc co-responsable de " l'accroissement de la fracture rurale " qui sévit désormais pour les habitants des régions de Luxeuil et de Lure, qui voient leur sécurité et la qualité des soins très fortement remis en cause, alors qu'ils contribuent financièrement comme tous les citoyens de ce pays.
Les sites de Luxeuil et de Lure sont désormais des sites totalement secondaires (cela n'enlève évidemment rien à la qualité et au dévouement des personnels qui y travaillent et à la qualité des trop rares services qui sont conservés). En perdant notamment l'ORL, la maternité, les urgences et le SMUR, l'hôpital de Luxeuil est aujourd'hui sinistré. En perdant notamment les soins intensifs, la cardiologie, les urgences et la chirurgie, l'hôpital de Lure est aujourd'hui également sinistré. Ces centres ne sont plus attractifs en terme d'emplois ; ces centres sont notoirement insuffisants par rapport aux besoins des populations.
En ce jour du 13 mai 2004 où dans toute la France, des actions sont menées par la Coordination nationale des Comités de Défense des Hôpitaux de Proximité, dont nous sommes membres et co-fondateurs, nous dénonçons en vous, monsieur le responsable de l'ARH de Franche Comté, et à travers vous le gouvernement auquel vous obéissez, un des co-responsables du désastre social, sanitaire, familial et économique que la raréfaction des services hospitaliers cause désormais dans le secteur sous-vosgien que nous défendons.

Qu'allez vous dire aux habitants de Passavant et de Servance, de Faucogney et de Fresse, de Fougerolles et de Champagney, de Aillevillers et de Mélisey, de Luxeuil et de Lure… pour justifier la destruction du tissu territorial en cours ; qu'allez vous enfin obtenir pour que cette inqualifiable inégalité territoriale qui accroît les inégalités sociales de notre région soit enfin contrée.

Totalement désolé de vous voir en simple faire valoir d'une politique scandaleuse et inégalitaire, nous vous adressons, Monsieur BLÉMONT, les salutations les plus amères du Comité de Vigilance.
Lure le 13/05/2004
Pour le Comité, son président, Michel ANTONY

 


 

LETTRE AUX MEMBRES DE LA C.M.E. en date du 9 février 2004

 

Mesdames et messieurs, bonjour


Lors de la réunion du CA du Comité de Vigilance du vendredi 06/02/2004, nous avons appris que le directeur du CHI, en fin de séance lors de la dernière réunion du CA du CHI, avait faussé les informations nous concernant et utilisé un esprit manipulateur qui nous semble inadmissible pour un responsable, et qui révèle bien les méthodes sans scrupule de l'équipe dirigeante du CHI.

Contrairement à ses dires, nous n'avons jamais attaqué les personnes dans leur fonction, et nous avons toujours souligné que nous n'étions pas compétents pour parler de la qualité ou des défauts d'un médecin, d'un infirmier, d'un personnel hospitalier, d'un ambulancier ou d'un pompier... Nous nous l'interdisons totalement et au contraire nous avons toujours affirmé que les conditions détestables entraînées par la fusion du CHI telle qu'elle est actuellement menée par messieurs ROCHE et JOYANDET occasionnaient des difficultés supplémentaires pour tous ces personnels, et notamment pour les services mobiles et d'urgences qui étaient de plus en plus sollicités. Nous avons par solidarité avec tous ces personnels affirmés plus d'une fois notre total soutien, par écrit et en paroles.

Par contre nous nous sommes permis, comme l'a fait l'audit ministériel mené sur le CHI, de juger les personnes dans leurs actes administratifs et hiérarchiques. Nous condamnons l'autocratie répulsive du docteur WACHSCHALL en tant que responsable du service des urgences ; nous condamnons le centralisme vésulien très marqué et le manque de dialogue et l'aspect archaïque et répressif socialement (contre les infirmières des urgences) du docteur ROCHE en tant que directeur de l'hôpital. Le rapport d'audit cité était encore plus dur que nous sur ces aspects puisqu'il dénonçait le climat délétère et les inégalités des personnels dans le CHI, en fonction notamment de leur proximité des personnes de pouvoir. La CME a même été plus dure également puisque, à sa majorité, elle a dénoncé en son temps le docteur WACHSHALL. Nous avons toujours regretté que Monsieur JOYANDET, responsable du CA du CHI n'ait jamais assumé ses responsabilités sur ce point en demandant à son CA de suivre cette décision de la CME ; il a fait tout le contraire en couvrant de fait les agissements néfastes des dirigeants du CHI et en faisant cause commune avec le directeur ROCHE lors de leur dernière conférence de presse de fin janvier 2004.

Si nous avons soulevé l'idée d'une action au Tribunal, comme beaucoup des 25 000 personnes qui se sont mobilisées pour la consultation populaire du 25 janvier 2004 et comme beaucoup des 3 000 manifestants de Luxeuil le 31 janvier 2004 le souhaitent et nous le demandent, CE N'EST EN AUCUN CAS CONTRE LES PERSONNELS que nous avons toujours soutenus : C'EST UNE ACTION JUDICIAIRE CONTRE LES SERVICES DE L'ÉTAT ET CONTRE LA DIRECTION DU CHI. Puisqu'ils décident pour les gens, pour les utilisateurs massivement mécontents, ils n'ont qu'à assumer pénalement les manques et les dangers qu'ils font courir aux populations.

Si nous envisageons également une action au Tribunal Administratif, c'est encore une fois non contre les personnels mais contre des services étatiques qui ne tiennent pas les engagements dûment indiqués dans les Schémas Régionaux d'organisation sanitaire.

Au nom du Comité de Vigilance qui m'en a mandaté, je tenais Mesdames et messieurs les membres de la CME, à rétablir la vérité contre un personnage retors qui manie la contre-information et qui cherche à dresser les gens les uns contre les autres (ce qui est extrêmement grave pour une personne d'autorité comme monsieur ROCHE), et je tenais également à vous adresser nos meilleures salutations dans un moment si difficile pour notre CHI et pour toute l'activité sanitaire de notre région, région pour laquelle, nous le savons, vous mettez beaucoup d'énergie comme les militants du Comité, même si ce n'est pas toujours sur les mêmes positions. Nous apportons également notre totale solidarité aux personnels souffrant actuellement de la situation du CHI.

Michel ANTONY

 


 

LETTRE AU MINISTRE DE LA SANTE en date du 12 janvier 2004

 

Monsieur le Ministre de la Santé

Dimanche 25 janvier 2004, 103 communes de la région de Lure et de Luxeuil en Haute Saône ont suivi la proposition du Comité de vigilance pour dénoncer une fusion hospitalière très mal réalisée, dans un " climat délétère " (comme l'audit mené par vos services le reconnaît), de forme autocratique et non transparente. Cette fusion se réduit à une absorption pure et simple des principaux services hospitaliers de Lure et de Luxeuil (cardiologie, maternité, soins intensifs, urgences, ORL, chirurgie, SMUR…) par le seul site de Vesoul, et se fait donc au détriment des habitants de la région sous vosgienne. Ceux ci se considèrent mal desservis, sans égalité sanitaire, avec désormais des durées d'attente accentuées, des difficultés de déplacements et des risques graves prévisibles. La majorité de notre population estime de plus en plus que l'aménagement équitable du territoire est dans notre secteur non appliqué.
C'est pourquoi, ne voulant pas ce statut de citoyen de seconde zone qu'on leur impose, ils ont massivement participé à la consultation populaire pour le maintien des urgences 24h sur 24h et des SMUR sur Lure et sur Luxeuil. Environ 50% de votants se sont déplacés, avec 99 % de oui ; c'est près de 25 OOO personnes qui refusent la fusion menée par Monsieur ROCHE (directeur de l'Hôpital) et par Monsieur JOYANDET (président du Conseil d'Administration du CHI). Notre Comité a acquis de fait une légitimité bien plus grande que le CA du CHI de Lure-Luxeuil-Vesoul.

Les habitants et le Comité ne veulent plus d'argumentation technique ou technocratique, ni de consolations humanistes, ni de dérisoires compensations par exemple en lits de suite. Ils exigent l'égalité auxquels ils ont droit en tant que citoyen, et ils exigent la sécurité sanitaire que leur procurerait le rétablissement des services d'urgence et des SMUR de proximité.

L'émotion est grande dans notre aire géographique. Une forte manifestation organisée sur Luxeuil le samedi suivant la consultation (31/01/2004) a réuni près de 3 000 personnes, ce qui est très important pour notre secteur géographique.

C'est pourquoi, Monsieur le Ministre, au nom des 25 000 votants, nous attendons une réaction rapide de votre part et des autorités compétentes pour (au moins) rétablir les urgences dans les deux sites de Lure et de Luxeuil et pour rétablir le SMUR actuellement supprimé de fait sur le site de Luxeuil.
D'autre part, le Comité de vigilance vous demande instamment, monsieur le Ministre, de recevoir personnellement ses représentants, car nous avons jusqu'alors épuisé toutes les entrevues possibles, tant avec les parlementaires qu'avec votre représentant régional, le directeur de l'ARH.
Toute une région attend votre réponse avec anxiété et impatience. Un refus de votre part serait désormais totalement incompris par une population locale fortement mobilisée.

En vous remerciant par avance d'être sensible à notre démarche, nous vous adressons, Monsieur le Ministre, nos meilleurs salutations.

Pour le Comité, son président, Michel ANTONY



 

INFORMATION DE PRESSE du 12 janvier 2004

LES COMMUNES DU BASSIN DE VIE DE LURE ET LUXEUIL SE MOBILISENT POUR CONSERVER DES URGENCES HOSPITALIÈRES

Suite à un processus de fusion hospitalière, toute une partie de la Haute-Saône subit une érosion de l'offre de santé publique. Les sites de Lure et de Luxeuil, deux petites villes de 10 000 habitants, ont déjà perdu plusieurs services (maternités, cardiologie, chirurgie, ORL) alors que la construction d'un hôpital neuf dans le chef-lieu du département (Vesoul) reste aléatoire car très onéreuse. Tandis que les activités hospitalières du département se redéploient vers le vieil établissement de Vesoul en attendant l'hypothétique création d'une structure ultra moderne dans cette même ville en 2008 ( ?), les antennes de Lure et de Luxeuil sont aujourd'hui méthodiquement dépecées. En dépit de toutes les promesses, les urgences de proximité sont amputées dans ces deux villes (fermetures décidées récemment des services la nuit et suppression du SMUR de Luxeuil). Le droit à une sécurité médicale élémentaire est ainsi mis en cause dans ce coin de France oublié.

Lure et Luxeuil structurent un territoire (le Pays des Vosges Saônoises) de 90 000 habitants (soit 40% de la population départementale) et comprenant 160 communes, souvent rurales et parfois éloignées des pôles urbains. En concentrant toute l'activité hospitalière ou presque sur Vesoul, on dresse des barrières de plus d'une heure entre certains villages en zone de montagne et des services vitaux de santé publique.

Sans réclamer le statu quo à tout prix, les élus et les acteurs du bassin de vie de Lure-Luxeuil ont fondé un comité de vigilance pour défendre leurs services publics de proximité. Depuis de longs mois, ce comité multiplie les initiatives pour faire entendre la voix d'un territoire qui refuse d'être sacrifié sur l'autel des restructurations froides et mal pensées des services collectifs en milieu rural.

Le 25 janvier prochain, les communes du Pays des Vosges Saônoises sont appelées à organiser une consultation populaire en faveur du maintien de services d'urgences 24H/24H et de SMUR à Lure et à Luxeuil, conformément aux engagements pris par les autorités publiques compétentes. 50% des communes concernées ont d'ores et déjà annoncé leur participation à la consultation démocratique des citoyennes et des citoyens. Le mouvement s'amplifie chaque jour. La presse locale relaie parfaitement ce combat local.

Nous aimerions donner une portée symbolique nationale exemplaire à cette mobilisation collective. C'est la raison pour laquelle, dans le prolongement des actions déjà menées à Paimpol (Côtes d'Armor) ou à Saint Affrique (Aveyron), nous alertons aussi les médias nationaux.

Eric HOULLEY Conseiller régional de Franche-Comté Président du Syndicat mixte du Pays des Vosges Saônoises Adjoint au Maire de Lure Tél. 06 73 00 46 45 Mail : houlley@wanadoo.fr

Michel ANTONY Président du Comité de Vigilance pour le maintien des services publics de proximité dans le bassin de vie de Lure-Luxeuil Tél. 03 84 62 91 65 Mail : Michel.Antony@ac-besancon.fr

 


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