mardi 04 novembre 2008 - Ouest-France
Hôpitaux : le collectif mobilise contre la loi
Le collectif associe les associations d'usagers, des partis politiques,
et des syndicats de salariés.
Les associations d'usagers organisent une conférence jeudi. Elles
redoutent la loi Bachelot en projet. Celle-ci favoriserait les
concentrations.
Le collectif des comités de défense des hôpitaux
est entré en campagne contre la loi « Hôpital, patients, santé, territoires ».
Le projet devrait être discuté en janvier prochain par le Parlement. Dès jeudi,
les associations du collectif (1) organisent un débat (à 20 h 30 au
Chapeau-Rouge) avec Bernard Teper, le coordinateur du collectif contre les
franchises médicales.
Samedi, un rassemblement est annoncé à 14 h 30
place Gambetta à Pont-l'Abbé. Une manifestation est également en projet à
l'échelle de la Cornouaille, tandis que le collectif national organisera un
défilé à Paris pendant le débat parlementaire
« On continue les
restructurations avec la menace de fermeture des urgences de nuit à Concarneau,
rappelle Yves Jardin, porte-parole du collectif. Il y a également des
menaces à Pont-l'Abbé, Douarnenez et Quimperlé. Une dotation importante de
18 millions d'euros a été annoncée pour le Centre hospitalier
intercommunal (Chic) de Quimper, avec extension des urgences. Cela pose question
sur le devenir des urgences dans les autres hôpitaux. »
Pour
Jean-Paul Sénéchal (Sud-Santé), la menace est claire, c'est celle d'une fusion
des urgences : « Lors d'une réunion en préfecture en mars dernier, à
laquelle participaient tous les directeurs d'hôpitaux, on a parlé d'un
groupement de coopération sanitaire qui engloberait les urgences de Douarnenez,
Pont-l'Abbé et Concarneau. » La création d'une seule entité juridique
permettrait de modifier la répartition des Smur (Service mobile d'urgence et de
réanimation), craint le syndicaliste.
La pénurie n'est pas partout la
même
Un scénario favorisé par la loi que prépare la ministre de la Santé,
Roselyne Bachelo, estiment encore les membres du collectift : « Ce
projet est extrêmement dangereux car il va accélérer les concentrations
d'hôpitaux en les justifiant par le manque de sécurité et le manque de médecins,
analyse Yves Jardin. Le manque est réel, mais c'est la conséquence du
numerus clausus (Ndlr : limitation du nombre de places au concours d'entrée
en médecine). La pénurie n'est d'ailleurs pas la même pour tout le monde
puisque à Guingamp, il y a dix médecins dans le privé et deux dans le public
! »
Le collectif va mener campagne auprès des
parlementaires pour le retrait pur et simple du projet de loi : « Tel
qu'il est présenté, il n'est pas amendable. »
(1) Les comités
de défense des hôpitaux de Concarneau et Douarnenez, l'Ufal-29, la CGT, FO, la
FSU, Solidaires, CNT, les Alternatifs, la LCR-NPA, le PCF et l'UDB.