Mercredi 5 novembre 2008 - 18:47
L'hôpital de Guingamp est le seul candidat à
la reprise de l'activité
de la polyclinique
PARIS, 5 novembre 2008 (APM) -
Le centre hospitalier de Guingamp
(Côtes-d'Armor) est finalement le seul
candidat à la reprise de
l'activité de la polyclinique de Guingamp qui doit
fermer le 9
décembre, a-t-on appris de sources concordantes.
La limite
de dépôt des offres des éventuels repreneurs de la
polyclinique, placée
mi-octobre en liquidation judiciaire, était fixée
au mardi 4 novembre (cf
dépêche APM CBLJF003). Le déficit prévisionnel
de la polyclinique pour 2008 a
été estimé à 700.000 euros sur un
budget de 8 millions d'euros,
rappelle-t-on.
Au cours des dernières semaines, le nom du groupe de
cliniques Kapa
santé avait été évoqué mais finalement seul l'hôpital a déposé
une
offre de reprise à l'administrateur judiciaire.
L'hôpital, situé
sur le même site que la clinique et qui partage avec
elle le plateau
technique, prévoit de reprendre une centaine d'emplois
et au moins 60% de
l'activité de chirurgie, a-t-on appris auprès de
l'agence régionale de
l'hospitalisation (ARH).
Contacté mercredi par l'APM, le directeur de
l'hôpital, Arnaud
Guyader, a observé que l'offre pourra encore évoluer
jusqu'au 25
novembre, date de la séance définitive au tribunal de commerce
de
Guingamp. L'offre déposée mardi constitue une offre minimale qui
pourra
encore être éventuellement bonifiée, a-t-il expliqué.
Il est prévu pour
le moment de reprendre 105,8 équivalents temps plein
(ETP) sur les 122
personnes employées par la clinique.
"Il n'y aura sans doute pas de
licenciement sec" car certains employés
en CDD ne seront pas repris et
quelques uns ont indiqué ne pas
souhaiter travailler dans la structure
reprise par l'hôpital car ils
ont par exemple d'autres projets
professionnels", a précisé Arnaud
Guyader. Par ailleurs, certains salariés
étant à temps partiel,
l'offre revient à reprendre la quasi totalité du
personnel.
Le dernier pointage montre que seule la situation de deux
personnes du
service administratif ne serait pas réglée à ce
jour.
Arnaud Guyader a indiqué que les employés de la clinique
étaient
repris dans le cadre de CDI de droit public avec la perspective
à
moyen terme d'une intégration dans la fonction publique.
S'agissant
des 29 médecins de la clinique, le directeur de l'hôpital
n'a recensé qu'un
départ sec, d'un urologue. Le second urologue
travaillera à Lannion et
assurera des consultations et de la chirurgie
ambulatoire à l'hôpital de
Guingamp.
Ces praticiens conserveront leur statut libéral et seront liés
à
l'hôpital dans le cadre d'un groupement de coopération sanitaire
(GCS)
qui entrera en vigueur le 10 décembre. L'actuel GCS conclu
entre
l'hôpital et la clinique prendra fin avec la fermeture de la
clinique.
Les praticiens seront rémunérés au tarif de la sécurité sociale
par
l'hôpital qui leur reversera donc une partie des groupes homogènes
de
séjours (GHS) produits par leur activité.
Arnaud Guyader a observé
que les capacités en chirurgie de la clinique
(74 lits et 20 places de
chirurgie ambulatoire) seront réduites mais
que la reprise de 60% de
l'activité constituait une hypothèse basse.
Parmi les 105,8 ETP repris,
24 ETP permettront d'ouvrir d'ici début
janvier 19 lits de soins de
suite.
Le projet d'ouverture d'une unité de soins palliatifs et de 15
lits de
rééducation est en cours de finalisation.
L'hôpital est encore
en négociation avec la société civile immobilière
(SCI) au sujet de la
reprise des locaux de la clinique.
Il a par ailleurs prévu un budget de
188.000 euros pour reprendre les
stocks de médicaments et de fournitures
diverses (15.000 euros), le
matériel (5.000 euros) et 168.000 euros pour les
congés payés des
personnels qui n'ont pas été versés par la clinique (coût
net, les
charges devant être prises en charge par l'administrateur et
le
liquidateur judiciaire, qui pourraient également payer les
13èmes
mois).
Arnaud Guyader a remarqué que la reprise du matériel
impliquait la
reprise de plus de 200.000 euros de prêts que la clinique
n'avait pas
fini de rembourser.