Comité de soutien, mobilisation générale, notamment
demain, lors du conseil d'administration de l'hôpital : des décisions prises
hier soir lors d'une réunion publique sur les urgences.
Le projet de
suppression du service des urgences de nuit, (de 20 h jusqu'au lendemain matin),
inquiète et fait peur. Hier soir, au Centre des arts, plus de 300 personnes ont
pris part à la réunion publique organisée par l'intersyndicale CFDT-CGT-FO-Sud
du Centre hospitalier de Cornouaille (Chic). Une réunion de laquelle tous sont
ressortis convaincus de la nécessité de mobiliser largement pour « le maintien
d'un outil qui marche », souligne Jean-Paul Sénéchal, secrétaire de Sud-Santé.
Une mobilisation qui devrait se traduire par la création, dans les jours à
venir, d'un comité de soutien. D'ici là, les Concarnois ont été conviés à faire
part de leurs craintes demain matin, à Quimper, à l'heure où doit se tenir le
conseil d'administration de l'établissement.
« Déménagement du territoire »
Tour à tour,
élus de toutes tendances, professionnels de santé, pompier, usagers sont
venus dire combien la fermeture des urgences de nuit à Concarneau leur est
inconcevable. « Après la justice, l'école, c'est l'hôpital qui est concerné », a
souligné Jean-Claude Sacré qui, tout comme André Fidelin, maire de Concarneau,
n'envisage pas autre chose que le maintien de ce service de proximité. D'autant
que le territoire est dense. « Il y a beaucoup trop de monde à Concarneau, c'est
inimaginable qu'on ferme les urgences de nuit dans une zone géographique aussi
dense », a martelé Jean-Paul Sénéchal. Gilbert Le Bris, député de la 8 e
circonscription parle quant à lui de « déménagement du territoire ». Soulignant
que l'État, par son désengagement rompt « le contrat citoyen » alors qu'il « se
doit d'éviter la dévitalisation du territoire ».
Absence de concertation
« L'activité des urgences à
Concarneau, c'est 25 % de celle du Chic », a rappelé Jean-Paul Sénéchal
soulignant ainsi « l'incohérence » du projet. Tout comme ses collègues, il
regrette « qu'aucune discussion n'ait été ouverte avec la population, les
usagers, les professionnels ». Pour le syndicaliste, cette « volonté politique
de fermer les urgences à Concarneau la nuit ne s'arrêtera pas là. » Et de
dresser le tableau du pire avec « un hôpital pivot à Quimper pour le sud
Finistère » entre deux pôles que seraient Lorient et Brest. Entre les deux, des
« trous noirs ». Car comme l'a souligné Yves Jardin, de la coordination
nationale des hôpitaux, « le problème n'est pas seulement Concarnois. Cela
concerne aussi Pont-l'Abbé, Douarnenez ». Du coup, « naître et se soigner
devient de plus en plus difficile dans le Finistère », estime un syndicaliste.
Comme celle du docteur Méhu, praticien au Chic, des voix
contraires se sont élevées. « Le Smur assurera la sécurité sanitaire à
Concarneau », a-t-il expliqué sans être entendu. Un pompier, membre de l'équipe
de garde de nuit, a fait part de ses craintes qu'avec la disparition des
urgences tout le reste suive. L'annonce faite par une généraliste concarnoise
d'un élargissement, dès la mi-mai, du secteur de garde n'a pas apaisé les
inquiétudes.