COORDINATION NATIONALE
DES COMITES DE DÉFENSE DES HÔPITAUX & MATERNITÉS DE PROXIMITÉ

INFORMATION AUX CITOYEN(E)S DE NOTRE REGION

Notre association AMAN s'est construite pour que les services de maternité et de chirurgie de l'hôpital du Neuenberg à Ingwiller ne soient pas fermés. Pour démontrer qu'une autre alternative était possible AMAN a élaboré un projet sanitaire et social, qualifié et quantifié, en partant des besoins sanitaires et sociaux de la population. Afin d'être entendus et surtout écoutés nous avons manifesté, interpellé et rencontré des élus politiques locaux et nationaux, tenu des réunions publiques et demandé aux média de rendre compte de notre action.
Vous avez été 20 000 à signer la pétition initiée par le Conseil Municipal d'Ingwiller, plus de 100 municipalités ont voté une motion pour le maintien de la chirurgie et de la maternité. Beaucoup de professionnels de la santé et d'élus nous ont fait savoir que notre projet est, pour le moins, cohérent et répond aux besoins de santé de la population de notre région.

Le 6 septembre nous avons officiellement remis notre projet à l'administrateur en charge du redressement judiciaire. Nous avons officiellement demandé au préfet et à tous les responsables de santé qu'une table ronde réunisse tous les acteurs intéressés pour que soit décidé, en toute transparence, l'avenir de cet hôpital. Comment le tribunal peut il prendre une décision alors que les projets et ce qui en découle (investissements, cautionnements etc.) dépendent de l'accord des tutelles qui donneront leur avis après la décision de celui-ci ? Est-ce à dire que les projets en présence peuvent ne pas être retenus par les responsables sanitaires et sociaux et que ce passage devant le tribunal est purement formel et n'engage en rien les repreneurs et les responsables de la santé?
Un silence pesant répond à notre demande et tous ces " responsables " se réfugient derrière la décision du tribunal qui siégera le 24 septembre pour traiter de cette affaire. AMAN a eu connaissance des projets en lice. Aucun repreneur ne propose de maintenir ces services essentiels de soins de proximité que sont la chirurgie et la maternité. De plus ils présentent des contradictions quand on les compare, et, particulièrement pour l'un d'entre eux, des incohérences entre les buts affichés et les moyens matériels et humains à mettre en œuvre pour les réaliser. (Lire ci après) D'avoir élaboré un projet ne fait pas de nous un repreneur et " officiellement " nous ne pouvons pas faire part de nos analyses et arguments aux juges du tribunal.
Néanmoins nous avons décidé qu'une délégation AMAN se présentera le vendredi 24 septembre à 11 heures pour remettre au tribunal un dossier récapitulant notre démarche et la critique des projets en cours. Au-delà du devenir de l'hôpital d'Ingwiller il s'agit d'une décision de santé publique et nous sommes tous concernés. Venez soutenir notre délégation par votre présence Le Vendredi 24 septembre à 11 heures devant le tribunal de Saverne
De qui se moque t-on ? Nous avons toujours affirmé que nous ne nous prononcions pas sur la qualité de tel ou tel repreneur mais sur les projets sanitaires et sociaux proposés par ceux-ci. D'avoir travaillé à la construction d'un projet nous a permis de comprendre comment fonctionne un hôpital et quelles en sont les contraintes et donc de porter un regard critique sur les projets des repreneurs officiels du Neuenberg. Les mêmes repreneurs qui avaient présentés un projet en mai dernier ont revu leur copie et se retrouvent en compétition pour un deuxième tour. Aucun ne prévoit le maintien de la chirurgie et de la maternité ce qui veut dire en clair que le Neuenberg ne sera plus un hôpital quel que soit le repreneur retenu. En ce sens nous ne validons aucun des projets. De plus il nous est difficile d'accepter d'être pris pour des naïfs qui " gobent " n'importe quoi au prétexte que l'emballage se veut séduisant. En effet, la cohérence d'un projet sanitaire et social se vérifie à la fois dans l'intention (le fond) et dans les moyens (forme) qui en découlent. La lecture des projets appelle un certain nombre de questions : Au plan sanitaire :
· Comment peut on prétendre créer une unité de soins immédiats non programmés sans mettre au budget les personnels nécessaires à son fonctionnement ?
· Comment, pour un des projets, faire fonctionner un hôpital de jour " gériatrie " sans médecins supplémentaires ? A moins que les médecins en place actuellement soient soumis à la loi des 90 heures par semaine !
· Comment maintenir une maternité sans bloc chirurgical ?
· Que deviennent les usagers qui vont se retrouver à plus de 45minutes d'un centre hospitalier ?
· En quoi fermer la maternité et la chirurgie de l'hôpital du Neuenberg améliore l'accessibilité aux soins pour tous et particulièrement les plus fragiles ? Que devient la sécurité ?
· Quel est l'avis des médecins libéraux sur la maison médicale : peut elle apporter un plus par rapport au travail qu'ils effectuent déjà ?
· Quid du travail en réseau avec les hôpitaux voisins (Saverne, Haguenau).?
· Existera t-il encore un service de radiologie à Ingwiller aux conditions proposées ? Vraisemblablement plus la nuit et le Week-End.
Au plan financier :
· Un des repreneurs parle d'économies réalisées par rapport à ce qui existe actuellement au Neuenberg pour faire valoir son projet !!! C'est vrai qu'en fermant la maternité et la chirurgie, en renonçant à l'imagerie (radio) le tout avec son volet de licenciements secs pour certains salariés, différés pour ceux qui n'accepteraient pas de déménager il est facile de faire des économies… Mais on ne compare pas des choses comparables il ne s'agit pas d'économies mais d'un projet autre qui réduit l'offre de soins .
· On parle " d'externaliser " la restauration pour " économiser " 110000€…en maintenant les salariés qui actuellement en ont la charge ? Pudiquement ce repreneur dit qu'ils seront conservés dans leur majorité…Mais si le " cuisinier " n'est pas derrière ses fourneaux quel peut être son emploi ?
· Comment un repreneur peut il prétendre renforcer l'offre de soins par rapport à son projet précédent si son approche budgétaire est identique en n'imputant aucune dépense supplémentaire ?
· Pourquoi un repreneur bénéficie t-il d'une subvention de 1350000€ et pas l'autre ?
· Pourquoi le Conseil général cautionne t-il le prêt de l'un et pas de l'autre ? Y aurait il favoritisme ? Est-ce à dire que l'un est " financièrement plus fragile " ?
· Un des repreneurs envisage éventuellement l'existence de soins non programmés et d'une maternité à condition qu'ils bénéficient d'un financement dans le cadre d'une mission d'intérêt général par les tutelles. N'est ce pas une reconnaissance implicite que l'intention première de son projet n'est pas de satisfaire des besoins de soins mais de cibler, à partir d'une étude de marché, les activités rentables…Les personnes âgées rapportent plus que les pathologies courantes ! La santé est considérée par ce repreneur comme une marchandise et les malades comme de simples consommateurs. Comment est-il possible d'avancer " l'intérêt général " sachant que l'on ne sera jamais en situation d'agir en ce sens ! Comment choisir entre les repreneurs ? Celui qui propose d'acheter à 6 725 000€ (Immobilier, mobilier et stocks), d'investir à hauteur de 2 170 000€, qui apporte 470 000€ en autofinancement, et qui demande un cautionnement au conseil général pour ses emprunts en plus d'une subvention de 1 350 000€… Ou celui qui propose d'acheter à 8 310 000€, d'investir à hauteur de 8 770 000€, qui autofinance pour 2 000 000€ et qui n'a pas besoin de l'autorité publique pour emprunter ? Choix cornélien, ne trouvez vous pas ? Où est le bluff ? Bizarre vous avez dit bizarre… Nous sommes en face de deux professionnels de la santé… mais à l'évidence ils ne partagent pas non plus la même méthode d'appréciation des coûts d'exploitation. Exemples d'incohérences pour l'Unité de soins longue durée (USDL) : Quel coût de frais de personnel ramené au prix de journée ? Le premier calcule 68.6€, l'autre 89.5€ Quel coût en dépenses médicales ? Le premier calcule 2.1€, l'autre 4.7€ Quel frais d'hôtellerie ? Le premier calcule 9.6€ l'autre 18.2€ Quel coût immobilier ? Le premier 10,7€, l'autre 6.8€ Au total Le premier, prix de journée de 91.1€, le second 119.2 soit 30% de différence !!! Exemples d'incohérences pour la médecine court séjour et les soins de suite et de réadaptation (CS.SSR) à 80% de taux d'occupation Dépenses médicales ? Le premier 26€, le second 40€ Dépenses d'hôtellerie ? Le premier 37.8, le second 49€ Le premier amortit l'immobilier et mobilier à hauteur de 200 900€ par an pour 92 lits et l'autre à hauteur de 846 000€ pour 80 lits Et en prix de journée : De 296€ pour le premier à 349€ pour le second… Les voies de la " gestion " sont impénétrables ! Certains ont fustigé les erreurs dans la gestion du Neuenberg…Il faut dire qu'avec de telles différences les erreurs sont inévitables (sic). Au-delà du devenir de l'hôpital d'Ingwiller il s'agit d'une décision de santé publique et nous sommes tous concernés.
Venez soutenir notre délégation par votre présence Le Vendredi 24 septembre à 11 heures devant le tribunal de Saverne Qui a raison qui a tort ? Qui gagne, qui perd ? Et si c'était nous qui perdions ! Car la situation est grave et nous regarde tous. Il s'agit de l'argent de cotisations sociales et de fonds publics utilisés pour soigner et accueillir des patients. Alors que cachent ces différences dans la qualité des soins et de l'accueil ? Et les responsables ! Nous croyions que les tutelles attendaient le jugement du tribunal pour valider ou non les projets… C'est ce que l'Agence d'hospitalisation régionale (ARH) nous a écrit… Sauf qu'un des repreneurs dit avoir rencontré les tutelles pour discuter du centre de formation et bien entendu " ils " n'auraient parlé que de formation, absolument pas du projet sanitaire et social… Est-ce crédible ? D'aucuns reprochaient un " taux de fuite " important des patients de la région vers d'autres établissements de santé que le Neuenberg. Maintenant " ils " ne fuiront plus ils seront " aiguillés ", par un des repreneurs, vers ses propres services de chirurgie à Strasbourg. Cette nuance sémantique entre fuite et aiguillage profitera à ce repreneur. L'hôpital de Saverne va être content, lui qui espérait récupérer les " fuyards ". Le confort des malades est parfois mentionné mais jamais la distance que les malades auront à parcourir pour un confort qu'ils trouvent actuellement au Neuenberg… …Est-ce là leur notion du soin de proximité ? La logique n'est elle pas d'établir un cahier des charges sanitaires et sociales auquel tout repreneur devrait se soumettre et de laisser au tribunal ce qui est de sa compétence ? Pourquoi dans le cas du Neuenberg est-ce exactement la logique inverse qui est mise en œuvre ? Pourquoi tout débat est-il refusé ? A croire que les tutelles, qui n'émettent pas de recommandations ont honte des principes qui sont à la base de leur politique. Nos arguments de bon sens seraient ils si dérangeants ? Qui s'inquiète de l'avenir économique et social de notre région ? N'est-ce pas aux représentants élus de s'en préoccuper en s'engageant véritablement ? Quelle entreprise choisira de s'établir dans un désert sanitaire ? Les entreprises déjà installées dans le secteur se félicitaient de la proximité du Neuenberg en cas d'accident du travail.
Pense t-on que demain nous disposerons d'un réseau de médecins généralistes et spécialistes suffisant en l'absence d'un hôpital de proximité sur lequel ils peuvent s'appuyer ? Cette liste de questions et d'interrogations n'est malheureusement pas exhaustive... Qui va mettre en évidence ces contradictions flagrantes ? Est-ce de la responsabilité d'un tribunal ? Oui, de qui se moque t-on ? Au-delà du devenir de l'hôpital d'Ingwiller il s'agit d'une décision de santé publique et nous sommes tous concernés. Venez soutenir notre délégation par votre présence. Le Vendredi 24 septembre à 11h devant le tribunal de Saverne.


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