Neuenberg : AMAN dénonce le manque de concertation
Près de 80 personnes étaient à la réunion
d'AMAN (*) jeudi soir à la salle des fêtes d'Ingwiller. Pendant
trois heures de discussions animées, elles ont dénoncé
le manque de concertation et d'informations du Diaconat de Mulhouse, repreneur
de l'hôpital du Neuenberg, et préparé la suite de la mobilisation.
Ingwiller, le 23
octobre. 700 personnes manifestaient pour le Neuenberg.
Aman veut continuer la mobilisation.(Photo DNA)
C'est un flou, un sentiment d'incertitude qu'ont exprimé jeudi soir médecins et salariés du Neuenberg, syndicalistes, usagers et élus. " Lors de cette réunion nous allons essayer d'y voir clair dans le projet du repreneur, introduit Frédéric Henry. Pour le moment c'est difficile de savoir ce qu'il en est... Il y a des discussions mais pour le moment Aman ne participe pas, on se fout de nous ! "
Jusqu'au 8 mai
La présidente de l'Aman, Barbara Michel, anesthésiste faisant partie des neufs médecins licenciés du Neuenberg, enchaîne avec une relative bonne nouvelle. " Nous avons reçu les lettres de licenciement le 8 novembre, et le préavis dure 6 mois. Donc il n'y aura peut-être pas de fermeture couperet le 1er janvier. L'activité devrait se poursuivre jusqu'au 8 mai. "
Désigné repreneur le 8 octobre (voir DNA du 9/10), le Diaconat reprend officiellement l'hôpital-maison de retraite d'Ingwiller le 1er janvier. Avec le maintien possible des médecins jusqu'au 8 mai, ce sont quelques mois de sursis supplémentaires. " C'est une note d'espoir, estime Frédéric Karas, après la manif du 23 octobre (voir DNA du 24/10) avec une grosse participation de la population et des élus, le Diaconat a changé son fusil d'épaule, il ne fait pas tout à la va-vite. "
Révolutionnaire
" Le repreneur n'a pas de concertation réelle avec les médecins, continue Barbara Michel, tout au plus des rencontres individuelles... Il y a un groupe de travail entre les élus et les médecins, mais pas avec les personnes du Neuenberg ! Ce qu'on sait du projet, c'est que la chirurgie va fermée ; la maternité on ne sait pas, ils jouent sur les mots... "
Et la salle d'évoquer " une hypothèse " en cas de fermeture de la maternité : la perte de 60 emplois. Chacun fait part de ces incertitudes, veut savoir où va le Neuenberg. " Ce flou, reprend Frédéric Henry, c'est une logique des repreneurs, ils espèrent un découragement, un pourrissement de la situation. C'est de bonne guerre de leur part de ne pas parler devant tout le monde, ça augmenterait la contestation. "
Au cours de la soirée, " les forces politiques totalement déficientes " et d'autres entités étaient en ligne de mire pour leur manque de soutien ou leur silence : principalement l'Agence régionale d'hospitalisation (ARH) et le président du Conseil général, Philippe Richert.
A moins d'un miracle
" J'ai appris qu'on me traitait de révolutionnaire, s'étonne Barbara Michel, mais j'ai juste demandé un débat démocratique. " " Mais c'est ça qui est révolutionnaire ! ", réplique l'assemblée. " Il faut mettre plus de pression, propose Frédéric Karas, aller s'enchaîner devant l'ARH à Strasbourg, qu'on parle plus de nous. "
" Il faut faire pression sur l'Église, elle est soucieuse de son image ", avance un membre d'Attac mentionnant la lettre d'un pasteur s'indignant de l'attitude du Diaconat. " Certains protestants ont honte, ils se sentent trahis ", relaie un élu.
Devant tant de difficultés, une dame remarque tout de même " un progrès remarquable dans la prise de conscience, ça se sent à Ingwiller, il y a du nouveau chez les gens. Même si ça ne donne rien, c'est important ".
En fin de soirée, le maire de Goetzenbruck et conseiller général mosellan, Gilbert Maurer, prend la parole. Sans illusion depuis le combat perdu pour l'hôpital de Bitche, " tout ce que vous dites est constructif, lance-t-il, je vous admire, mais c'est foutu, la fin de l'hôpital rentre dans une politique nationale... La seule chose qui restera c'est l'expérience, l'avancée dans les esprits. A moins d'un miracle... "
Julien Eynard