A.M.A.N

Association pour le Maintien des Activités du Neuenberg

S/C Mairie d’Ingwiller, 67340 INGWILLER

Les faits sont têtus

 

Nous vous annoncions depuis des mois la fermeture de la maternité et de la chirurgie. Elle est confirmée pour la chirurgie, en interne, par le directeur intérimaire. Il n’ose pas annoncer la fermeture de la maternité mais il conditionne la poursuite de l’activité au recrutement de personnels impossible à réaliser !

Le président du conseil général prétendait dans une lettre que nous aurions diffusé de fausses informations et sous-entendait que nous n’étions que des agitateurs. Mais les médecins ont bien été licenciés le 8 novembre (avec un préavis consécutif de 6 mois).

Au Neuenberg, il n’y a aucune discussion sur un projet avec les personnels alors que le repreneur est désigné depuis le 08 octobre. Tout au plus quelques conversations avec des propositions tout à fait floues en dehors de tout cadre global. Tous les personnels du Neuenberg, médecins et autres, sont frappés par l'opacité volontaire de la communication. Le peu d'information est toujours informel et individuel (parfois contredit dès le lendemain par le repreneur lui-même).

Le repreneur avait annoncé la fermeture de la maternité et de la chirurgie pour le 1er janvier. Aujourd’hui, après la manifestation du 23 octobre, il maintient les activités jusqu’au 8 mai.

Les hommes politiques, qui entendent la population gronder, organisent une commission faite d’eux-mêmes et du repreneur. Ils n’y invitent aucun usager, ni aucun professionnel de santé, qui pourraient éclairer les personnes de bonne foi sur les nécessités humaines et techniques d’un projet cohérent. Il est incroyable que l’on se réclame d’une démocratie participative, mais que l’on écarte les premiers concernés.

Tous ces retards, toutes ces décisions qui ne viennent pas, entraînent l’agonie du Neuenberg : on comprend l’hésitation d’une personne qui souffre et qui ne choisit pas d’aller dans un hôpital dont l’avenir est compromis. Toutes ces incertitudes obligent les personnels licenciés ou menacés de l’être, même les plus attachés à l’établissement, à rechercher d’ores et déjà un nouvel emploi.

Espère-t-on par là endormir une fois de plus le ressentiment des citoyens, tels ceux qui avaient fait des dons pour maintenir des services essentiels à leurs yeux ? On entend partout des voix qui, confiantes jusqu’à présent, se sentent désormais trahies.

Docteur Barbara Michel,

médecin anesthésiste licenciée,

présidente de l'association AMAN.

Sans notre résistance, les fermetures auront bien lieu le 8 mai.

Prochaine action :

rassemblement devant l'Agence Régionale d’Hospitalisation,

22 rue de l’Université, à Strasbourg.

MERCREDI 1er DECEMBRE à 11 H.

Nous demanderons la réception d’une délégation pour avoir enfin des réponses.

Cela ne sera possible que si nous sommes très nombreux.

Que dit le Tribunal ?

 

Sur l’origine des problèmes du Neuenberg :

" (…) sa déconfiture a pour origine :

Une défaillance dans la gestion des effectifs (allocation d’un quota important d’heures supplémentaires non budgétisées)

Un recrutement supérieur à l’effectif prévu par la dotation globale

Des investissements réalisés sans maîtrise du financement

Une carence dans l’orientation stratégique et une absence de projet d’établissement.

C’est donc la gestion passée de l’hôpital et non la qualité des soins qui est en cause.

Sur l’avenir :

" (…) l’offre du Diaconat (…) est plus satisfaisante au regard du maintien de l’emploi et laisse en outre ouverte la possibilité du maintien des activités de chirurgie et de maternité… ".

" (…) le projet de reprise élaboré par le Diaconat (…) préserve également autant que faire ce peut l’intérêt social, tant des salariés que de la population environnante, en autorisant la perspective possible d’une offre de service plus large concernant les activités de chirurgie et de maternité, souhaitée par tous ".

Pourtant le juge " autorise l’administrateur judiciaire à licencier, pour motif économique, 10 salariés dont le contrat de travail n’est pas poursuivi, occupant les fonctions suivantes : 1 diététicien, 4 médecins chefs de service, 5 médecins spécialistes. "

Mais comment fait-on pour maintenir des services sans médecin ?

C’est la première fois en France qu’un tribunal statue sur la gestion d’un hôpital. Et lui-même de reconnaître qu’il n’est pas compétent : il faudra que " le repreneur désigné soumette son projet à l’Agence Régionale d’Hospitalisation, lequel devra être recevable au regard du schéma régional d’organisation sanitaire, procédure qui ne ressort pas de la compétence du Tribunal de céans " !

Le juge s’est donc substitué à l’ARH qui a gardé un silence éloquent !

La procédure des licenciements et le plan de sauvegarde de l’emploi sont entachées de nombreuses irrégularités. Le Comité d’Entreprise n’a pas été consulté ni informé dans les règles. Les licenciés n’ont jamais eu d’offres de reclassement. le plan de sauvegarde de l’emploi reste flou et laisse entendre qu’il y aurait ensuite près de 50 départs d’Ingwiller.

WAS TUN ? QUE FAIRE ?

Notre association AMAN s’est créée pour que l’hôpital du Neuenberg ne soit pas démantelé et que des services tels que la chirurgie, la maternité et l’accueil d’urgences soient maintenus et améliorés, et qu’ainsi les besoins réels de santé d’une population soient satisfaits.

Nous avons interpellé tous les responsables politiques et sanitaires qui, directement ou indirectement, sont en charge du dossier et avons contesté l’ambiguïté d’une décision de tribunal qui, de fait, participe à l’avenir sanitaire et social du Neuenberg.

Nous avons soulevé le problème de l’utilisation des finances publiques qui conduit à ce que le conseil général finance et cautionne un repreneur sans contreparties sanitaires clairement définies.

Maintes fois, nous avons demandé à être entendus. Nous avons proposé une table ronde réunissant l’ensemble des protagonistes afin de trouver une solution acceptable pour tous.

Nous avons élaboré un projet sanitaire et social qui démontrait que des alternatives au démantèlement étaient possibles. Nous prouvions ainsi que notre association n’était pas seulement contestataire mais surtout une force de proposition.

Vous avez été nombreux à manifester à Ingwiller, Saverne, Strasbourg ou Bitche, à assister aux réunions d’information et à signer la pétition (22000 signatures) de la municipalité d’Ingwiller.

Nous avons crié haut et fort pour dénoncer la logique instaurée depuis le début : réduction de l’offre de soins et conséquences négatives sur l’emploi et sur l’économie présente et à venir de notre région.

A ce jour aucun des responsables politiques ou sanitaires n’a eu le courage d’assumer cette politique qui conduit inexorablement à un désert sanitaire qui touchera les habitants les plus fragiles socialement et économiquement mais aussi ceux du Pays du Verre et du Cristal qui, alors que l’hôpital de Bitche a aussi été fermé, se retrouveront au mieux à plus de 45 minutes d’un centre hospitalier.

" ON " nous a dit : il faut attendre la décision du tribunal…

" ON " nous a ensuite annoncé une concertation (lettre de ministre à l’appui) et que rien n’était acquis…

" ON " nous a affirmé que " ON " s’occupait du Neuenberg et que " ON " ne nous avait pas attendu…

" ON " communique en faisant valoir un projet dynamique et ambitieux…

Le résultat des " ON " est que dix médecins ont été licenciés, que des personnels soignants sont sur des listes de reclassement… à Mulhouse et que des personnels techniques (restauration) seront remplacés par des sous-traitants.

Qui est responsable dans cet hypocrite jeu de ping-pong où " ON " renvoie la balle à " ON " ?

Qui sera responsable " d’accidents " que l’éloignement de services de soins induira puisqu’il augmente les difficultés de solutions thérapeutiques nécessitant un diagnostic et une intervention rapides ?

Restons mobilisés afin que, pour le moins, nous montrions que nous ne sommes pas dupes des discours apaisants remplis de contre vérités. Ainsi nous saurons le peu de considération que nos " responsables " ont de l’expression citoyenne des usagers des services de santé publique.

 

Lettre ouverte à Messieurs Blessig et Richert,

Monsieur Blessig, Député de la circonscription de Saverne,

Monsieur Richert, Président du Conseil Général du Bas-Rhin,

Vous le savez comme nous, depuis que le Tribunal a désigné le Diaconat de Mulhouse comme repreneur, le démantèlement de l’hôpital du Neuenberg s’accélère : licenciements de médecins et délocalisations de salariés spécialisés, fermeture du service de chirurgie, incertitudes sur l’avenir de la maternité…

Les médecins licenciés, n‘ayant reçu aucune proposition claire, n’ayant aucune perspective d’avenir sur le site d’Ingwiller, sont obligés de chercher un avenir ailleurs, malgré leur investissement et leur attachement à l’établissement.

Monsieur Blessig, vous êtes notre député, qui vote les lois qui cadrent l’Assurance Maladie. C’est vous qui nous représentez auprès du gouvernement dont le ministre de la santé pilote les Agences Régionales d’Hospitalisation. De même, Monsieur Richert, le Conseil Général que vous présidez, finance les maisons de retraite et s’est même engagé financièrement à soutenir le nouveau propriétaire du Neuenberg. De plus, vous êtes tous deux membres de la majorité gouvernementale, donc en capacité d’agir.

Aujourd’hui, tout le monde se plaint de l’incertitude quant au Neuenberg. La population et ses élus municipaux, les médecins et les personnels interrogent et la direction se contredit, l’ARH se tait, l’Eglise prêche la confiance et vous, vous faites des réunions confidentielles pour créer une commission de membres autorisés. Dans quel but précis ?

Ce qui nous semble, c’est que depuis le départ, le projet est défini sans la chirurgie et la maternité. Le licenciement des médecins, prévu dans le projet présenté au tribunal et accepté par ce dernier, en est bien la preuve. C’est bien pour cela qu’aucune concertation n’est possible.

Plutôt que de travailler sur des vérités d’hier ( normes-modèles d’hôpitaux), travaillons ensemble sur un projet médical de territoire. Pour ce faire, finalisons le travail commencé au sein de " Plaine et Plateau ". Notre projet s’y inscrit parfaitement :

  • unité de soins non programmés en réseau nécessitant la présence de chirurgiens au vu de la pathologie qui s’y présente.
  • chirurgie orientée sur la traumatologie de la personne âgée, pouvant devenir un pôle d’excellence grâce à la prise en charge dans une unité fonctionnelle médico-gériatrique.
  • centre périnatal et maternité pour éviter le risque lié à l’éloignement (constat actuel de l’augmentation de la mortalité infantile depuis la fermeture des petites maternités françaises)

Nous sommes prêts à en débattre et définir ensemble les moyens pertinents à mettre en place pour répondre aux besoins.

Dans un souci constructif, nous vous réaffirmons notre souhait de participer à tous les groupes de travail relatifs au Neuenberg. Et, dans l’espoir d’une réelle démocratie participative, nous attendons de vous l’organisation d’une table ronde publique associant le Diaconat, l’ARH, des élus locaux ainsi que des représentants des médecins, des salariés, des usagers et, pourquoi pas, de notre association.

Les membres d’A.M.A.N.

 

Rassemblement mercredi 1 décembre à 11h devant l'Agence Régionale d’Hospitalisation 22 rue de l’Université à STRASBOURG.

 

 

 

Que disent-ils ?

Dans Tout le Bas Rhin de nov. 2004, M. Philippe RICHERT écrit à propos de la démarche " des Hommes et des Territoires " : " Comme nous n’avons pas la prétention de tout savoir, cette réflexion nous l’avons développée avec vous. Les partenaires institutionnels et les associations ont été associés à la concertation thématique, dans un esprit de très large ouverture. Les élus locaux et la population ont, eux, participé à la concertation territoriale (…). Nous sommes fiers d’avoir initié cette forme inédite, à cette échelle, de démocratie participative, démontrant ainsi que nous sommes bien une collectivité de proximité pour les hommes et les territoires de notre département. "

Pourtant, fait unique dans l’histoire du dialogue social en Alsace, la table ronde que nous avions demandée n’a jamais été organisée !

La seule commission mise en place est réservée à des élus du Pays de Hanau et du Pays de la Petite-Pierre. Exclus les élus du Pays du Verre et du Cristal, et ceux du personnel, du Comité d’Entreprise, des organisations syndicales et des usagers. Voilà une bien curieuse commission qui va réfléchir sans même un médecin, où est donc passée la novatrice " démarche hommes et territoires " ? !

Nous invitons les élus locaux participant à cette commission à la boycotter si leur demande d’associer des salariés et des usagers n’est pas satisfaite. Ils ne doivent pas servir de caution à un groupe de travail qui n’aura comme résultat que d’enterrer le dossier du Neuenberg.

L’association AMAN a mis sur pied un projet qui garantit le maintien de tous les emplois et de toutes les activités. Cette démarche rassembleuse et ouverte, puisque les médecins libéraux, le personnel, les usagers, les élus locaux ont pu réfléchir ensemble, n’a trouvé aucun écho ni chez M.Richert , Président du Conseil Général, ni chez M.Blessig député de Saverne. Bien au contraire, ceux-ci ont agité le spectre de la CGT et d’ATTAC pour dissuader les élus municipaux. Les Vosges du Nord sont-ils encore un lieu de pouvoir féodal où la liberté d’association et de syndicalisation n’est pas reconnue ?

Nous, nous restons ouverts au dialogue, pour peu qu’on veuille bien se donner la peine de nous recevoir sans préjugés ni a priori politique…

 

Lettre ouverte à Monsieur Collange,

Président de l’Eglise protestante (E.C.A.A.L.*)

Monsieur,

Durant toute la période d’incertitude précédant le jugement du tribunal, nous avons pu entendre des responsables religieux mais aussi politiques déclarer : " Il faut que le Neuenberg reste protestant ". C’est aujourd’hui chose faite puisque le juge a désigné le diaconat de Mulhouse comme repreneur. C’est la Fédération des Œuvres Evangéliques (FOE), dont vous êtes un des principaux responsables, qui a d’ailleurs fait campagne pour défendre le projet du diaconat.

Pour que le Neuenberg reste protestant, fallait-il que la santé et la vie d’autrui s’en trouvent menacées ?

Ce que vous annoncez, c’est la suppression des services de chirurgie et de maternité. Outre l’accès à des soins de proximité, c’est la possibilité de se faire soigner en urgence qui disparaît. Il s’agit donc d’une véritable mise en danger de la vie d’autrui.

Pour que le Neuenberg reste protestant,

fallait-il que des emplois soient supprimés ?

Vous comporteriez-vous comme n’importe lequel des patrons de multinationale qui licencient, délocalisent les emplois et conduisent les salariés à la précarité ? Vous dites manquer de médecins, et vous voulez les renvoyer !

Pourquoi le Neuenberg resterait-il protestant ?

Pour réaliser une opération financière intéressante ?

Le Conseil d’Administration qui a conduit à la faillite était majoritairement composé de pasteurs et de membres des paroisses de votre Eglise. Aujourd’hui, vous pouvez racheter l’hôpital pour quasi rien, en profitant de subventions publiques (nos impôts) et de prêts qui seront remboursés par l’argent des malades ou des pensionnaires de la maison de retraite !

Pourquoi le Neuenberg resterait-il protestant ?

Pour conserver un patrimoine et un symbole identitaires ?

Est-ce la conservation d’un patrimoine immobilier qui vous motive ? Ou juste la visibilité et le prestige de votre Eglise ?

Pensez-vous pouvoir vous réclamer des fondateurs du Neuenberg qui eux ont vu avant tout les soins à apporter aux êtres humains ?

Dans la Bible, il est une histoire que vous connaissez dans laquelle un blessé presque mort se trouve au bord de la route. Viennent à passer successivement deux autorités religieuses qui préfèrent suivre leur chemin. On souligne en général l’attitude du Samaritain qui finalement sauvera l’homme en l’emportant à l’hôtel le plus proche pour qu’il y soit soigné. Mais dites-nous, Monsieur le pasteur, la portée universelle de cette parabole concerne-t-elle aussi ceux qui n’ont pas été les prochains de la victime ?

Le Neuenberg est protestant, c’est un fait. Mais il peut aussi rester un véritable hôpital, l’étude de notre Association pour le Maintien des Activités du Neuenberg le prouve.

          1. C’est seulement une question de foi…
          2. Les membres d’A.M.A.N.

            (*) Eglise de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine

Extraits de la lettre

de Christian Bauer,

pasteur de la Petite-Pierre.

Monsieur le Président,

(…)Etant en contact avec la base, je me permets de me faire le porte-parole de celle-ci ; Elle a eu très fortement le sentiment de ne pas être entendue, ne parlons pas d’être écoutée. (…) Nombreuses personnes m’ont exprimé leur dégoût quant aux comportements de responsables d’églises à quelque niveau que ce soit. Quelques exemples :

Il semblerait qu’" on " ait fait pression pour que les Caisses d’Epargne retirent leur projet pour augmenter les chances d’une reprise " protestante " et cette pression ne venait de nulle part que des " bons milieux protestants "… ! ! ! je suppose strasbourgeois (HSP ! ! !).

(…) Lorsqu’on embauche d’affilée deux directeurs dont on sait par avance qu’ils sont incompétents et qu’on les embauche quand même, on assume et un minimum de décence veut que, dans des cas pareils on se taise.

Si déjà on veut que le projet soit ou reste protestant, on fait rapidement une analyse du mot protestant. Protester contre la toute puissance de l’ARH qui veut la fermeture de la maternité et de la chirurgie et on ne baisse pas d’emblée les bras en nous faisant savoir qu’il ne faut surtout pas signer la pétition demandant le maintien de toutes les activités au Neuenberg et ceci par présidents de consistoires interposés.

Pour conclure et face à une base choquée par le comportement de l’ECAAL et de ses dirigeants et responsables, vous pouvez vous rattraper, pour ne pas dire vous racheter (…) en faisant pression sur le diaconat de Mulhouse et en pesant de tout votre poids pour que soient maintenues et la maternité et la chirurgie, services non déficitaires et hautement qualifiés et compétents autant techniquement qu’humainement.

Comptant sur votre compréhension, votre capacité à changer votre position, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma très haute considération.

  1. Christian Bauer