Compte-rendu de la rencontre M.Joël CANAPA ,Vice-Président ,en charge de la Santé,Prévention, Sécurité au Conseil Régional PACA.

Ce vendredi matin 10 Avril, par l'intermédiaire de Catherine Guigli ( conseillère municipale  de Briançon et Conseillère Régionale PACA) nous étions invités à l'antenne de la Région à Gap pour y rencontrer      M.Joël CANAPA ,Vice-Président ,en charge de la Santé,Prévention, Sécurité au Conseil Régional PACA.
   Avaient étéconviés les syndicats et les associations d'usagers ; seules, les associations semblent avoir pu venir .
   Nous allons essayer de vous faire un petit compte-rendu (il n'est pas évident de prendre des notes et de parler !!!)

          Nous faisons un tour de table pour nous présenter :
   *Joël CANAPA : Vice-Président de la Région PACA
    *Catherine GUIGLI : Conseillère Régionale et Municipale de Briançon
 *Marie BOUCHEZ :  Conseillère Régionale et Municipale de Gap
 *Walter MERKEL :représentant le Comité Inter-Cantonnal de                                        Défense du  Centre  Hospitalier d'EMBRUN (CICDCHE)                                                                                                           
 *Fanny REYMOND, Sylvia PASCAL,Marie-Claire BARRIDON :                                            pour l'Association Citoyenne de Défense de l'Hôpital Public de GAP (
ACDHP-site de GAP)
    *Agnès COLOMBAN, André et Mado FAURE-BRAC :pour l'Association   Citoyenne   de   Défense del'Hôpital Public de BRIANçON (
ACDHP- BRIANçON). Agnès représentait également l'association "La H.A.S.E"  qui soutient des personnes handicapées ,en difficulté).
          D'entrée , M.CANAPA explique que M.VAUZELLE ,Président de notre région, lui a demandé de faire la "tournée" des départements de la Région pour connaitre de façon plus précise la situation sur le terrain dans le milieu hospitalier , afin de ne pas se contenter d'une simple motion. Il nous précise que PACA a été la seule régionà s'être opposée à la Loi "H-P-S-T"(loi Bachelot) , les autres Conseils Régionaux n'ayant proposé que des amendements .
   Il rappelle que dans le cadre de la décentralisation,depuis 2004,
la Région a en charge les formations sanitaires et sociales, ce qui légitime l'intervention du Conseil Régional et explique le caractère volontariste de sa politique dans le domaine de la Santé.

       
  Où en sont nos 3 Hôpitaux des Hautes-Alpes ?
 
EMBRUN :la crainte est grande de voir un jour toute l'activité de l' Hôpital d'Embrun évoluer  vers la Gériâtrie, alors que le caractère rural et montagnard de ce bassin justifie des services hospitaliers de proximité.
   Le problème de Lou Village(EHPAD=Etablissement d'Hospitalisation des Personnes Agées Dépendantes ) est toujours d'actualité : taux d'occupation trop faible , donc manque de.. rentabilité ! Le personnel y est toujours en nombre insuffisant.
  Le prix a de quoi rebuter plus d'une famille (nous rappelons :2500-2600€ / mois + un supplément de 5€45 pour les personnes les plus invalides :GIR 5&6 ).
  Cuisine,lingerie, sont menacées d' "externalisation ",mais sous la pression on surseoit pendant 2 ans à la fermeture de la cuisine.
 Rappel : 13 postes supprimés à Embrun. Ces suppressions de postes peuvent avoir une incidence économique,sociale,sur l'embrunnais ,avec des familles qui quitteront peut-être la région :ce problème sera le même pour tous les hôpitaux qui subiront des suppressions d'emplois.

 
M.CANAPA :  insiste alors sur la notion d'aménagement du territoire dont fait partie la satisfaction des besoins de santé publique : comment faire pour vivre dans notre région  si un service public  comme l'Hôpital disparaît ? Pour fixer des populations ,il faut des services et notamment des hôpitaux.
   
La loi HPST va aggraver les inégalités entre les territoires et surtout favoriser le privé lucratif qui  grâce à cette loi sera traité à égalité avec le public ,puisque lui seront dévolues des " missions de service public " sur un territoire donné .
  Avec la mise en place de la T2A (tarification à l'activité )comme mode de financement intégral , nous pouvons dire que l'on a "organisé le déficit del'Hôpital .

 
BRIANCON : rien de bien nouveau  si ce n'est qu'une Pédiâtre remplace le mèdecin en arrêt : souhaitons qu'elle puisse rester le temps nécessaire.
  Chirurgie : toujors des lits "fermés" pour travaux ou pour "basse saison"; à ce propos n'y a-t-il pas contadiction entre la T2A exigeant un maximum d'actes rentables et les fermetures de lits diminuant l'activité donc la rentabilité ? Est- ce ainsi que nous comblerons le déficit comme le demande l'ARH ? Il est vrai qu'elle répond  :" retour à l'équilibre financier en diminuant la masse salariale"!
 
  
GAP : Radiothérapie :  un radiophysicien semble avoir été recruté
         pour le mois de Juin mais n'oublions pas que légalement il en faudrait 2 car la présence de cet ingénieur  est obligatoire en permanence.
 Le service de
CHIRURGIE -ORL- :  ferme le week-end créant des problèmes de prise en charge de ces patients dans d'autres  services de Chirurgie où le personnel n'est pas rompu à la spécificité de cette pathologie . La direction de l'hôpital de Gap  demande de limiter les interventions en période scolaire ,avec comme corollaire la "fuite " des actes rentables vers la Clinique !!!
  A noter : l'ambiance entre médecins et administration qui se détériore. D'autre part Mme la Directrice affirme qu'il y aurait 2°/° d'effectifs en trop !!!
    GAP-SISTERON,devenu depuis 2006,  par fusion CHICAS(Centre Hospitalier des Alpes du Sud) est l'exemple typique de l'application avant l'heure de la loi "Bachelot", à savoir :
 "mutualisation","fusion"= 69 suppressions de postes sur ces 2 établissements.
Sisteron voit disparaître sa chirurgie ,son bloc  ,son service de soins continus et fermer son laboratoire alors que la proximité d'une usine classée "Seveso" exige un service d'urgences : cherchez l'erreur !!!

 M.CANAPA  : rappelle que la loi HPST ne fait qu'institutionaliser 
                 certaines procédures commencées il ya longtemps., que jusqu'à maintenant l'ARH (Agence Régionale d'Hospitalisation) était en quelque sorte le "banquier" ,que les DRASS ,maillon local  du coeur de métier "sanitaire et social "vont être absorbées par la future ARS (Agence Régionale de Santé) qui prendra également sous sa coupe l'URCAM (Union Régionale Caisses Assurance Maladie) ,donc la Sécurité Sociale..
  Adieu les prises de décisions au plus proche des besoins des populations locales ! L'
ARS dont le directeur sera nommé par le Ministère  aura les pleins pouvoirs ,avec comme leitmotiv :"gérer l'Hôpital comme une entreprise " : est- ce le meilleur exemple à donner en ce moment ?
 
M.CANAPA revient sur la formation des Infirmières  :
     50°/° des infirmières vont partir à la retraite d'ici 7 ans : la Région avait proposé d'en former 700/an  mais l'Etat a réduit ce nombre à ..250 !

   
En conclusion  : Les hôpitaux PUBLICS  ,notamment de proximité doivent continuer de garantir des soins de qualité pour  TOUS ,PARTOUT, en PERMANENCE ; ainsi ils pourront participer à l'aménagement du territoire plutôt qu'à son "déménagement".

   Nous refusons d'inscrire l'Hôpital Public dans un schéma de logique financière, de rentabilité car la SANTE, l'HUMAIN ne se monnaient pas !

  Nous demandons que les budgets des Hôpitaux Publics ne dépendent pas exclusivement de la T2A.
 
M.CANAPA nous encourage à poursuivre nos actions, car ce n'est pas faire la révolution que d'exiger le maintien de l'activité  et la qualité des soins dans nos hôpitaux de proximité .
      
                Agnès Colomban, André et Mado Faure-Brac.