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COORDINATION NATIONALE |
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Intervention de Me Jacques PERTEK à la
réunion-débat du 29 juin à Valréas Le texte prononcé peut être légèrement
différent J'aimerais pouvoir vous dire ce soir que la bouteille que
nous offre Mme Bachelot est pleine et que c'est un magnifique succès,
sans précédent en France. On pourrait tranquillement attendre la naissance du
premier bébé dans cette nouvelle maternité à nouveau en activité. Ce serait un soulagement pour les futures mamans, et les
futurs papas. Ce serait la fin d'une période très dure pour le personnel de la
maternité, malmené, menacé, transféré depuis des mois. Nous avons obtenu une belle victoire le 12 mai au TA de
Nîmes - c'est la bouteille à moitié pleine. Une très bonne décision, avec tout ce qu'il faut, dont on
ne pouvait pas espérer mieux. Mais, pour le reste. A la sortie de la réunion de vendredi, on nous a dit : victoire,
l'autorisation est signée pour 5 ans. Mais on a juste oublié d'ajouter : la Ministre a décidé de faire
appel - c'est la bouteille à moitié vide C'était pourtant la première phrase du discours du directeur de
l'ARS. Je n'y étais pas, mais la pièce était bien sonorisée, et il y
avait de petites souris. Elle est fluo, comme les chaussures qu'elle portait avant
l'épidémie de grippe et son opération vaccin. Mais, cette mixture, il ne faut pas essayer de la
boire : c'est une potion amère et, je le pense,
empoisonnée. Je suis désolé de dire que je l'avais prévu, et j'avais fait
part de mes préoccupations au cours des réunions récentes du Comité ou du
Collectif des mamans. Une procédure d'appel, c'est deux ans. Deux ans de
précarité, encore et toujours. 2/ Le 2ème piège, c'était l'exigence de ne pouvoir
recruter que des personnels titulaires - et non, dans un premier temps au
moins, des agents contractuels (je ne dis pas des vacataires ou des contrats
avec des agences d'intérim). Pourtant, partout il y a des contractuels, à
Orange, à Montélimar et ailleurs - vous les retirez et beaucoup de services ou
d'hôpitaux peuvent s'arrêter. Les mêmes qui travaillent à Montélimar ou à Orange seraient-ils
de dangereux incompétents s'ils viennent effectuer une partie de
service à Valréas ? Ils ont même osé parler de mercenaires
hongrois On nous fait le coup de la sécurité. Qui plus que nous est soucieux de la
sécurité ? Mais, justement, la sécurité, ce n'est pas l'accouchement à la
ferme, ou dans la voiture ou au bord de la route. Pendant des années, la maternité a fonctionné avec des
anesthésistes contractuels. Plus de 300 accouchements par an, depuis des
années, auraient-ils été réalisés par de dangereux incompétents ? Si c'était
vrai, alors l'ARH et le ministère seraient, eux d'abord, de graves
dangers. Car cela ne les gênait pas, eux qui découvrent maintenant le
besoin de sécurité ? Et le service des urgences de Valréas, avec quels personnels
a-t-il fonctionné depuis bien longtemps ? Et aujourd'hui, est-ce qu'il ne
fonctionne pas avec du personnel d'Orange ? Mieux encore, ceux qui découvrent les vertus des fonctionnaires
titulaires sont allés embaucher des sages-femmes vacataires, parfois déjà en
retraite, pour faire leur soi-disant « accouchements inopinés à
domicile » - vous savez les accouchements pour lesquels une sage-femme dans sa
petite Clio doit trouver l'adresse avec le GPS. 3/ Le 3ème piège, c'était la durée : un an,
deux ans, ou cinq ans fractionné - c'est ce qu'ils pouvaient
inventer. Ce troisième piège, ils ne l'ont pas utilisé en tant que tels,
mais le résultat est bien le même. Le directeur de l'ARS a dit : attention, il y aura un nouveau
plan régional à l'automne 2011, et « tout sera remis à plat » - je cite
ses paroles. Voilà les 5 ans annoncés qui fondent comme neige au
soleil - et qui se transforment en à peine un an. Comprenons nous bien : - l'appel contre le jugement de Nîmes nous met en
difficulté au mieux, on remettrait en route l'activité début 2011 (après 18
mois de fermeture) : c'est leur schéma, car cela résulte des procédures de
recrutement de médecins titulaires et, déjà, vers juin 2012, il faudrait peut-être s'arrêter si on
perdait en appel vous me direz, on peut gagner - aussi - en
appel oui, c'est vrai, mais alors, le ministère pourrait encore
faire un recours, en cassation cette fois - mais ce n'est même pas ce calendrier qui est le plus
dangereux et le plus probable le plus probable, c'est qu'il soit très difficile ou
impossible de trouver des candidats médecins titulaires on parle de médecins qui en général ont un poste (c'est une
mutation), pas de jeunes à la recherche d'un emploi - en effet, chaque année, il
y a peu de nouveaux gynécos ou de nouveaux anesthésistes, et ceux-ci recherchent
plutôt les grands hôpitaux, les CHU imaginez : un gynéco ou un anesthésiste en poste dans un grand
hôpital, ou même un petit il a envie de soleil et de calme, çà existe mais est-ce qu'il va poser sa candidature pour un poste un
Valréas qui risquerait d'être supprimé par une nouvelle décision judiciaire dans
deux ans ? en tout cas, c'est ce qu'il peut craindre bien sûr, dans ce cas, ce médecin ne se retrouverait pas au
chômage, mais il devrait chercher un nouveau poste, n'importe où en
France les fonctionnaires aiment la sécurité de l'emploi, c'est leur
principal avantage, et même s'ils veulent venir en Provence, ils ne manquent pas
d'autres possibilités, de Nice à Marseille. Et, avec des procédures différentes, on pourrait dire la même
chose pour des sages-femmes, dont on a également besoin. Donc, ce n'est même pas 2 ans sans garantie d'avenir que
l'on nous offre : c'est véritablement une illusion, c'est du
vent. Appel contre la décision de Nîmes, c'est la principale
menace pour l'avenir. Si Mme Bachelot renonce à son appel, ce sera long et
incertain. Avec l'interdiction de recruter, dans un premier temps, des
contractuels, on pourrait s'arranger. Car cette contrainte que l'on veut
nous imposer est illégale. L'excellent jugement de Nîmes le dit noir sur
blanc. Mais, si nous ne parvenons pas à la faire renoncer à son appel,
les 5 ans sont un feu de paille ou un feu de bengale. Comprenons bien que l'on nous raconte des histoires ici aussi :
le ministère ferait appel pour obtenir des « clarifications » . Si un étudiant
de 2ème année de droit disait cela à l'examen, il serait recalé, et
il l'aurait mérité. Vous n'êtes pas obligés Vous le savez, après un jugement, le perdant fait appel ou non.
S'il fait appel, ce n'est pas pour la gloire du droit. Il fait appel pour
demander l'annulation du jugement qui lui déplaît. Et s'il obtient satisfaction, ce jugement n'existe
plus. Un appel, c'est une procédure devant une autre juridiction (une
cour administrative d'appel) en vue de l'annulation du premier
jugement. Ce n'est pas une espèce de consultation que l'on demande à la
deuxième juridiction : c'est un autre procès qui se déroule. Dans notre cas, le Ministre fait appel, et c'est pour supprimer
le jugement de Nîmes qui nous a donné raison et qui l'a obligé à donner
l'autorisation : Donner d'une main, retirer de l'autre Vous n'êtes pas obligés de me croire. Mais enfin, permettez-moi d'indiquer que, parmi mes activités,
depuis une dizaine d'années, il y la formation des futurs juges des juridictions
administratives, ceux des tribunaux et ceux des cours d'appel. D''ailleurs, le directeur de l'ARS l'a déclaré tout
net : « Le cabinet de la ministre a décidé de faire appel (.) sur un
point de droit précis (.) ceci pour faire jurisprudence » (ce sont ses
paroles). Et ce point, c'est un point essentiel du jugement de Nîmes : les
règles concernant le statut du personnel dans une maternité
moyenne. Ils veulent faire jurisprudence, vous pouvez le
croire. Jurisprudence contre nous. Et parce le jugement de Nîmes
pourrait les empêcher de fermer d'autres maternités comme la
nôtre. C'est la conviction que cet appel est de nature à réduire
très sensiblement la possibilité d'avoir des candidats sur les postes à
pourvoir - ou même à conduire à ce qu'il n'y ait pas de
candidats. Mme Bachelot, renoncez à faire appel. D'abord, il faut dire la vérité, après avoir bien apprécié la
réalité. Garder son calme, pour agir efficacement. Où en serait-on s'il n'y avait pas eu les
manifestations ? Où en serait-on s'il n'y avait pas eu l'occupation de la
maternité, pendant 90 jours ? Où en serait-on s'il n'y avait pas eu les actions à Marseille et
à Avignon ? Depuis longtemps déjà, on ne parlerait plus de
nous. Et on aurait une plaque commémorative : « ici autrefois il y eut
une maternité et des naissances ». L'action populaire, citoyenne - encore et toujours - sera notre
meilleure réponse :
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