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| "On
jette bien les médecins"
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Quelle santé publique dans les
petits CHU ? (Panorama du Médecin/ Egora)Pr. Gérard Dubois Professeur
de santé publique à Amiens et membre correspondant de l´Académie nationale de
médecine, le Pr Gérard Dubois s´inquiète de la répercussion sur la santé
publique, des coupes budgétaires imposées aux petits CHU. Il s´ouvre de ses
craintes dans un texte confié à egora.fr « Les crédits du médico-social, ainsi que les
crédits de la prévention, seront sanctuarisés. » a dit la ministre de la santé
le 7 mars 2008. Mais est-elle entendue ? La pression financière sur les CHU n´a
jamais été aussi intense et un petit CHU comme celui d´Amiens doit trouver 20
postes médicaux à supprimer. C´est un impératif de ce que l´on appelle joliment
un contrat de retour à l´équilibre. Oui, mais quels postes, dans quelles
conditions. Le CHU d´Amiens montre une route surprenante. Le premier à être
éliminé a mis en place un programme exemplaire de prévention du tabagisme avec
toutes les maternités publiques et privées de la région. Il a aidé à améliorer
la prévention de la transmission de l´hépatite B de la mère à l´enfant. Il a
aidé à prévenir les récidives après les tentatives de suicide. Son départ mettra
fin à tout cela. Qui s´en soucie ? Pourtant, la Conférence régionale de
santé a marqué son intérêt et le Conseil Régional apporté son soutien financier
pour ces actions. Malgré tout cela, bien qu´ayant une responsabilité régionale
de santé publique légalement réaffirmée, le CHU d´Amiens qui est en souffrance
financière ne s´intéresse plus qu´à lui-même. Tout ce qui est hors les murs
n´existe plus, ou à tout le moins est de seconde zone. Un autisme naissant ?
L´Agence régionale d´hospitalisation finissante qui va être absorbée d´ici peu
par l´Agence régionale de santé, liquide les affaires courantes mais supprime le
financement de ce poste. Economies obligent, et meurt qui pourra. Et cela
survient dans une région, la Picardie, où les besoins de santé publique sont
immenses, la densité médicale des plus faibles, l´état de santé des plus
précaires. Qu´en sera-t-il ailleurs ? Il faut de plus y ajouter la manière.
Bien qu´il ait le meilleur score de publications médicales du CHU, le médecin
qui a vu disparaître son poste a appris par un mail à Noël qu´il était « viré »
au Nouvel An ! Ni lui, ni son chef de service, ni son responsable de pôle
n´étaient au courant. S´il faut un patron à l´hôpital, faut-il copier France
Télécom ? Cet exemple doublement emblématique d´un mépris des hommes et de la
santé publique est plus qu´inquiétant. Il est effrayant, d´autant plus qu´il ne
restera pas réservé à la Picardie. On peut craindre la contagion sauf à y mettre
fin dès le début de l´épidémie. »
La
suppression d'un poste de chercheur en santé publique au CHU d'Amiens pour
raisons budgétaires suscite des réactions (dépêche APM
Reuters)
PARIS, 12 février 2010 (APM) - La suppression pour raisons
budgétaires d'un poste de chercheur en santé publique au CHU d'Amiens suscite
des réactions, dont le British Medical Journal (BMJ) s'est fait l'écho. Le Dr
Alain Braillon, qui dirigeait depuis 2006 la mission régionale pour l'évaluation
des pratiques professionnelles (EPP) au sein du service d'évaluation médicale du
CHU, a été informé de la suppression de son poste au 1er janvier et de sa mise
en disponibilité, après un vote le 15 décembre 2009 de la commission médicale
d'établissement (CME) du CHU. Il doit être rattaché au Centre national de
gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la
fonction publique hospitalière (CNG) mais reste pour l'instant payé par le CHU,
a indiqué à l'APM le Pr Gérard Dubois, chef du service d'évaluation médicale du
CHU d'Amiens. La raison invoquée par le président de la CME, le Pr Michel
Slama, est la suppression d'une subvention spécifique de l'Agence régionale de
l'hospitalisation (ARH) de Picardie pour son poste, rapporte le BMJ. A
l'époque de la création du poste, la CME avait indiqué que le CHU n'avait pas de
besoin interne d'un tel poste mais avait voté pour la création "tant que le CHU
était remboursé par l'ARH". "L'ARH nous a indiqué qu'elle ne souhaitait plus
financer le poste du Dr Braillon. C'est la raison pour laquelle nous avons voté
pour sa suppression". Le directeur de l'ARH Picardie, Pascal Forcioli, a
déclaré au BMJ que la subvention avait été accordée en 2005 pour conduire un
programme régional d'EPP, à une époque où le Dr Braillon était correspondant
régional de la Haute autorité de santé (HAS), et que la subvention avait
renouvelée jusqu'en 2009. Le réexamen des objectifs du CHU en 2009-10, couplé au
fait que le Dr Braillon n'était plus correspondant régional de la HAS, a conduit
l'ARH à reconsidérer le financement du poste. Le Pr Dubois se dit très choqué
par ce choix du CHU. Il souligne que le Dr Braillon a "le meilleur score de
publications médicales du CHU" parmi les praticiens hospitaliers, "a mis en
place un programme exemplaire de prévention du tabagisme avec toutes les
maternités publiques et privées de la région", "a aidé à améliorer la prévention
de la transmission de l'hépatite B de la mère à l'enfant" et à "prévenir les
récidives après les tentatives de suicide". Mais, souligne-t-il à l'APM, les
actions qu'il a menées n'ont pas bénéficié directement aux services du CHU
d'Amiens, ce qui expliquerait la décision. Le Pr Dubois dénonce aussi la
manière peu élégante employée, avec un vote en fin de réunion de CME, sans que
cela soit inscrit à l'ordre du jour et l'envoi d'un mail informant le médecin de
la suppression de son poste. Sur un plan plus général, il relève aussi que
les affirmations de la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, sur la
sanctuarisation des crédits de santé publique, ne sont pas suivies d'effet.
Il estime que les prises de position critiques du Dr Braillon envers la
Société française d'urologie sur le dépistage du cancer de la prostate et contre
la publicité en faveur de l'alcool peuvent aussi expliquer ce choix. Le Pr
François Bourdillon, président de la Société française de santé publique (SFSP),
déplore dans le BMJ la vulnérabilité des postes en santé publique car ils ne
sont pas producteurs de recettes dans le système de tarification à l'activité
(T2A).
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