Compte rendu des Journées de Luçon des 24-26 octobre 2008 & Communiqué pour
le retrait de la loi Bachelot
La Coordination Nationale des
Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité, membre et
associée de Convergence Nationale des Collectifs de Défense et Promotion des
Services Publics et du Collectif National contre les Franchises et pour
lAccès aux Soins Partout et pour tous et pour une Sécurité Sociale
Solidaire exprime toute sa satisfaction face à la richesse des 3 journées
passées à Luçon, entre mobilisations, informations et approfondissements.
L'extaordinaire accueil des ami(e)s du Comité de Luçon a rajouté une formidable
convivialité et humanité à des travaux menés intensivement. L'ensemble des
participants est unanime pour remercier chaleureusement tout le Comité et
surtout ses deux organisatrices : Jacqueline CALIGE et Evelyne
DELUZE.
Le Vendredi 24 octobre après midi, des dizaines de
voitures ont mené une opération escargot ; ensuite dans les rues de la ville une
longue chaîne de marcheurs a conduit les représentants de plus de 30 comités
nationaux de la Coordination Nationale (et autant d'excusés et solidaires - Cf.
liste ci-dessous) et des dizaines d'associations politiques, syndicales et
associatives vers l'hôpital de Luçon. Le Comité de Luçon et les 3 Collectifs
nationaux y ont exprimé le total rejet de la loi Bachelot et de la politique de
santé inégalitaire et antidémocratique menée depuis des années. Un poème a été
lu par un écrivain local, un chêne vert symbolique a été planté suivi par un
lâcher de ballons.






Le soir, à partir du film documentaire sur la
santé de Jacques COTTA de France2, un débat de qualité a retenu un grand nombre
de personnes, et renforcé la volonté de faire de la lutte pour une vraie santé
publique une des grandes priorités du moment.



Le samedi matin 25
octobre, à partir des analyses de Maître HERRMANN, l'avocat qui a fait
gagner les Comités de Lannemezan (à Pau) et de Carhaix (à Rennes), nous avons
mené une réflexion sur les modalités des luttes juridiques contre un État
destructeur de l'aménagement du territoire et cause d'insécurité et de
désertification. La volonté d'utiliser aussi le combat judiciaire se fait
évidemment pour renforcer les mobilisations démocratiques, c'est un outil, pas
la seule modalité de nos initiatives.
La Conférence de presse
nationale unitaire contre le projet BACHELOT a réuni, en plus des 3
Collectifs Nationaux (Coordination Nationale avec son président Michel ANTONY,
Convergence avec son président Bernard DEFAIX, Collectif avec son porte parole
Philippe GASSER) : Les Alternatifs, Attac, CGT, Collectif Nantais, Ensemble
pour une Santé Solidaire, PC (avec le porte parole PESSAC), PS (avec le
responsable santé Claude PIGEMENT), USP
Il y avait plusieurs excusés et
solidaires avec la démarche, notamment : Collectif Gironde, La Santé n'est pas
une marchandise, LCR, SMG, Sud-Solidaires (présent la veille avec le responsable
national J.M. SALA)... L'APVF était également représentée par son chargé de
mission.
Il y a été notamment rappelé que dans des dizaines de localités,
depuis le mois de septembre, des initiatives de tout type menaient une campagne
active et unitaire (La campagne d'automne) autour des mots d'ordre rassembleurs
: Touche pas à ma santé ! Touche pas à mon hosto ! Pour l'accès égalitaire et
au moindre coût à une santé de qualité et aux soins pour toutes et tous partout
sur le territoire !
.

L'après midi, deux ateliers de travail sur
Territoires de Santé (avec l'aide du professeur CLEMENT) et Maisons de
Santé (avec l'appui du SMG via le Dr Christian BONNAUD) ont réuni 80 et 60
personnes respectivement.
Le soir avec le Professeur Jean Marie
CLEMENT et avec Jean Yvon ROUDAUT président du Comité de Carhaix, les
participants très nombreux ont mis à mal les raisons gouvernementales pour
réduire l'offre hospitalière, en rappelant que la proximité, c'est la sécurité,
le moindre coût, et l'égalité de toutes et de tous. Le maire de Luçon, les
représentants du Conseil Général et du Conseil Régional ont fortement soutenure muvement en faveur d'une santé de proximité.
.


L'Assemblée
générale du Dimanche matin 26 octobre a rédigé collectivement un communiqué
contre le projet de Mme BACHELOT et demandant son RETRAIT (en bas de ce courriel
et en fichier joint), et a renforcé l'ossature de la Coordination nationale,
tout en réaffirmant sa volonté unanime de tout entreprendre pour faire converger
les luttes en faveur de la santé et de tous les services publics, avec toutes
les associations et partis concernés, et prioritairement avec les deux autres
Collectifs nationaux.
Nous seront évidemment largement présents à
l'Assemblée Générale de la Convergence à Cognac les 29 et 30 novembre
2008 et représentés officiellement par au moins 5 membres de notre Conseil
d'Administration (Poitou-Charentes, Midi Pyrénées, Pays de la Loire, Picardie,
Bretagne).
Les déclarations étonnantes et acritiques du porte parole du CISS
vis à vis de la loi Bachelot ont été condamnées à l'unanimité des présents.
Bien solidairement - Pour la Coordination Nationale : Michel
ANTONY
- 31 Comités de la CN présents à Luçon : Alès - représenté par Uzès, Ancenis,
Arcachon ainsi que pour le Collectif Gironde, Aubenas, Auch et aussi pour le
Gers, Belley et aussi pour la Savoie, Carhaix, Clamecy, Creil, Decize,
Douarnenez, Hennebont, Ivry, Juvisy, Lannemezan, Lezignan-Corbières, Lisieux,
Lourdes, Luçon, Lure, Montaigu, Nantes, Pithiviers, Pertuis, Privas, Ruffec,
Sables dOlonne, St Affrique, Thouars, Uzes, Valreas...
- 30 Comités solidaires excusés : Aix en Provence-Marseille - action le 24 à
Aix, Aix les Bains, Albertville-Moûtiers, Ambert & Thiers - action sur
Clermont le 25, Argenteuil & Bezons, Bordeaux - action sur Bordeaux le 24,
Cavaillon, Chablais-Morzine, Champagnole, Châteaudun, Châtillon sur Seine,
Chaumont-Langres, Cognac, Concarneau, Cosne sur Loire, Die - actions sur Die
durant la période, Digne, Gérardmer et Epinal, Gisors, La Ferté, Le Havre, Le
Mans, Marseille - Santé Solidaire, Millau, Moissac, Montceau les Mines, St
Agrève, Tarare, Thiers, Vouziers...
- *******************************************************************
- Pour le Retrait de la loi Bachelot
-
communiqué
adopté par l'Assemblée Générale le 26 octobre
2008
Le Projet de loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » vient
dêtre présenté en Conseil des Ministres. Il ne fait que confirmer les craintes
de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités
de Proximité. Il est dans la stricte continuité des plans Hôpital 2007 &
2012 et du plan LARCHER, et sil paraît plus « soft » que les déclarations
destructives des rapports VALLANCIEN, il va bien dans le même sens. Il y a
triste continuité, pas la rupture nécessaire attendue !
La Ministre
de la Santé, après le Président de la République, affirme quelle ne fermera
aucun établissement et quelle est attachée aux hôpitaux de proximité.
La
réalité des fermetures autoritaires (Lannemezan, Clamecy, Saint Agrève, pour
ne citer que les dernières), des concentrations hospitalières imposées
(urgences sur Quimper, maternités en région parisienne ou dans la Région
rhodanienne) démentent cet affichage, tout comme le maintien des annonces de
fermetures dIvry, Valréas et de dizaines dautres lieux sur notre
territoire.
Cest une loi qui renforce lautoritarisme et le
centralisme
Ce projet de loi tourne le dos à toute démocratie
sanitaire.
Il ne tient pas compte des besoins et nie les dégâts occasionnés
par les politiques sanitaires suivies : dégâts humains, sanitaires, économiques
et écologiques (notamment par la multiplication des transferts
)
Son
élaboration est antérieure aux conclusions de la Mission parlementaire présidée
par Christian PAUL qui vient seulement de rendre son rapport.
La
Coordination Nationale (en contacts avec près de 200 localités) na pas été
consultée, malgré sa demande, et na reçu une réponse négative que plusieurs
mois après, sous prétexte que les EGOS ne parlaient pas de lhôpital (dixit Mme
BACHELOT qui signe la lettre de refus !!!). Mme BACHELOT maintient de manière
mensongère (pour nous) dans la presse quelle a reçu à plusieurs reprises toutes
les parties prenantes, dont les usagers : elles ne parlent que de ceux qui
partagent sa vision réductrice de la santé, sans doute.
Les Agences
Régionales dHospitalisations, devenant Agences Régionales de Santé voient leurs
pouvoirs discrétionnaires renforcés et étendus. Les Conseils dAdministration
des hôpitaux disparaissent. Le rôle des élus, des usagers et des personnels sen
trouve réduit et cantonné à des fonctions consultatives.
Le directeur dARS
détient tous les pouvoirs et ne rend des comptes quau ministre : lapparente
régionalisation correspond en fait à la création dun super Préfet sanitaire,
donc au renforcement de lÉtat au détriment de toute démocratie locale.
Ce
directeur pourra imposer les fusions qui ne se sont pas mises en place
delles-mêmes ! Cet arbitraire piétine les notions de mutualisation et de
fédéralisme !
Cest une loi qui conforte une vision de « lhôpital
conçu comme une entreprise » s'inscrivant dans la perspective d'une
marchandisation de la santé.
Le fonctionnement de lhôpital est aligné
sur celui de lentreprise avec surtout :
- un directeur- patron, nommé par
lARS et pouvant venir du secteur marchand, y compris non médical
- des
médecins recrutés par ce directeur, pouvant être rémunérés à
lintéressement
- un simple « contrôle » sur lintolérable maintien des
dépassements dhonoraires
- des contraintes de fonctionnement et de budget
(T2A, plan de retour à léquilibre
) conduisant les établissements à supprimer
ou limiter les activités sur des critères de rentabilité.
Cest une
loi qui ne permet pas de répondre réellement aux besoins des personnes et des
territoires
Cest bien des besoins quil faut partir (et non pas de
l'offre de soins et de ses carences), et la proximité et la sécurité en sont
les deux axes principaux.
Les « communautés hospitalières de territoire »,
loin de répondre aux nécessaires développements de complémentarités et de
réseaux équilibrés entre hôpitaux, vont accentuer leur mise en concurrence,
favoriser les regroupements au détriment des hôpitaux de moindre taille qui,
sciemment fragilisés, perdent ainsi une grande part de leur attractivité. Tout
le monde sait bien, et peut le vérifier sur le terrain, que là où un hôpital
voit ses services essentiels réduits, les professionnels de santé ny viennent
plus, les patients ne le fréquentent plus : lhôpital, totalement déstabilisé,
devient très vite de second ordre, et ne satisfait plus les besoins locaux. Il
sera facile den faire alors un ghetto pour personnes âgées, sans tenir compte
des besoins psychologiques, humains et sanitaires de nos anciens !
La
mutualisation sera avant tout celle de la pénurie et des restrictions
budgétaires, et ne sera en aucun cas une réelle prise en compte des besoins des
personnes et des territoires. Dans ce but tout pouvoir est donné au directeur
pour restructurer et pour décider des transferts de services ou de matériels
lourds entre les établissements membres des communautés.
Cest une
loi qui ne résout en rien la crise de la démographie des professionnels de santé
Aucune mesure nest prise pour augmenter le nombre de professionnels de
santé, ni pour imposer enfin, après discussion avec les personnes concernées,
leur répartition équilibrée sur tout le territoire et dans tous les
établissements publics.
Aucune mesure significative nest prise pour assurer
une formation initiale et continue indépendante. Au contraire, la loi favorise
l'ingérence du privé.
Cest une loi qui livre l'hôpital public au
privé.
Il ny est plus question que « détablissements de santé » en
supprimant la différence entre hôpitaux publics et cliniques privées à but
lucratif.
Des missions de service public seront ouvertes au marché de la
concurrence privée.
Lentrée, sous toutes ses formes, du privé à lhôpital,
est facilitée : transferts de services, aides à l'investissement, mises à
disposition de patrimoines et d'équipements...
Pour la Coordination
Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité, ce
projet de loi constitue un recul sans précédent et nest en fait que le
prolongement des choix politiques réducteurs menés depuis des années en matière
de santé.
Il renforce le DÉNI DE DÉMOCRATIE SANITAIRE.
Il vise à
amplifier les atteintes que lhôpital public subit depuis de nombreuses années.
Il fonde toujours un éventuel retour à léquilibre financier sur la seule
réduction de loffre hospitalière publique.
IL EST CONTRAIRE AU PRINCIPE
DÉGAL ACCÈS AUX SOINS POUR TOUTES ET TOUS QUE NOUS DÉFENDONS.
Il ne propose
aucune solution visant à réduire les inégalités criantes de répartition des
médecins sur le territoire national et les menaces de désertification sanitaire
qui pèsent aujourdhui sur de nombreux secteurs et qui ne vont que sétendre.
Il accélère les auto-réductions de consultations (moins de 20 % là où il y a
déjà eu des fusions) et de soins lourds (40% de nos concitoyens seraient
concernés) que des patients de plus en plus démunis et de plus en plus éloignés
des lieux de soins sont obligés de pratiquer.
Pour toutes ces raisons,
la Coordination Nationale appelle la population à se mobiliser largement pour
DEMANDER LE RETRAIT DU PROJET DE LOI BACHELOT, POUR S'OPPOSER À LA PRIVATISATION
DU SYSTÈME DE SANTÉ, POUR ÉTABLIR ENFIN UNE VRAIE DÉMOCRATIE SANITAIRE qui
donnerait aux personnes les plus concernées : les usagers, les personnels et les
élus locaux, une place digne de notre société.
Ces choix devraient
évidemment rétablir UNE VRAIE POLITIQUE DAMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE, ET DE
DÉFENSE ET DAMÉLIORATION DE TOUS NOS SERVICES PUBLICS, gages essentiels dune
société plus solidaire et plus juste.
Approuvée à lunanimité par lAssemblée Générale de Luçon de
la Coordination Nationale le 26 octobre 2008
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Coordination
Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de
Proximité
Mairie de St Affrique 12400 - Site http://www.coordination-nationale.org - Postmaster@coordination-nationale.org
Association
agréée N2008AG0003 - Arrêté du 14/08/2008 - SIREN : 503 711
988 - SIRET : 503 711 988 00017
Président Michel ANTONY - Michel.Antony@wanadoo.fr
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