ATELIER SUR LA PSYCHIATRIE

01 ET 02 AVRIL 2005

 

 

Comme l’a dit Georges Tignon à la réunion d’ouverture de ces journées, la psychiatrie, ou plutôt le soin en santé mentale n’apparaît pas dans le programme de la coordination.

Un des objectifs de notre atelier a donc été de voir comment l’offre de soins en santé mentale est une offre de soins de proximité au même titre que d’autres, qui peut être menacée dans ses fondements et caractéristiques.

 

Nous avons d’abord essayé de repérer les besoins en santé mentale de la population et les dispositifs mis à sa disposition.

 

Les soins en santé mentale s’inscrivent dans un continuum qui va de la prévention à la réadaptation, le temps de l’hospitalisation s’inscrit dans ce continuum mais l’hospitalisation ne représente qu’environ 20% du soin (80% des personnes soignées le sont dans d’autres dispositifs que l’hôpital)

Ces soins sont organisés en secteur d’environ 70000 habitants, pour la psychiatrie générale (à partir de 16 ans) et en inter secteurs, environ 2 secteurs, pour la prise en charge des enfants (l’hospitalisation est moins utilisée pour les enfants)

On voit donc que la majeure partie des soins en santé mentale se déroule en dehors de l’hospitalisation.

 

La personne a besoin de soins de proximité, non pas par rapport à un risque vital ou une mise en danger dus au délai de route domicile hôpital (urgences) mais pour garantir un certain nombre de droits et de besoins fondamentaux qui sont inscrits dans la loi.

Ex :    ®Droit au travail (tout en étant soigné) ou à la scolarisation pour les enfants

    ®Besoin d’être entouré, soutenu par l’entourage (famille, liens amicaux et socio…)

 

Les soins en santé mentale se caractérisent par leur régularité et leur intensité (en fonction des personnes, une à plusieurs fois par semaine, sur des temps variant d’une consultation à une présence sur toute la journée)

 

Cette diversité des besoins entraîne une diversité des dispositifs de soins qui sont prévus par la loi sur la sectorisation :

·        CMP : Centre Médico -Psychologique

·        Hôpital de jour et CATTP (Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel)

Ces dispositifs existent mais ils sont diversement développés sur le territoire. Ces variations sont dues à des différences de moyens financiers et humains entre les secteurs mais aussi à des différences de dynamique des équipes.

Ces dispositifs doivent être proches de la population, gratuits, largement accessibles (horaires d’ouverture : on voit des CMP ouverts seulement 2 après-midi par semaine et jusqu’à 17H)

        

 

Si la personne est hospitalisée à temps plein, elle a besoin de soins de qualité sur un temps d’hospitalisation dont la durée est variable mais qui doit rester suffisamment courte.

Il faut donc des alternatives à l’hospitalisation : ce sont les centres de jour, CATTP, mais aussi des accueils familiaux, post-cures, foyers d’hébergement, structures de réadaptation et de travail adapté...

 

Ces alternatives sont insuffisamment développées ce qui amène des difficultés :

·        Sortie de l’hôpital retardée ou impossible

·        Sortie de l’hôpital sans l’accompagnement nécessaire d’où des rechutes.

 

La prise en charge de la personne nécessite le développement d’un travail en réseau avec le secteur social et médico social et avec les familles ; là aussi le besoin de proximité est évident .

 

C’est un travail qui s’inscrit dans la durée et dans la continuité relationnelle (il y a peu de technicité en psychiatrie mais de l’investissement humain) et qui nécessite l’engagement d’une équipe pluridisciplinaire stable (pas de pool de remplacement ou de contrat court), afin de répondre aux besoins variés.

 

Les soins en santé mentale peuvent être rattachés à un centre hospitalier spécialisé, à l’hôpital général ou au secteur privé assurant une mission de service public.

 

Les équipes de psychiatrie ont aussi à prendre en charge la psychiatrie de liaison avec les autres services de l’hôpital afin d’assurer une meilleure prise en charge globale de la personne.

 

 

 

Comment intégrer les soins en santé mentale dans le programme de la coordination nationale ?

 

On ne peut pas, point par point se référer aux niveaux hiérarchiques définis par la coordination mais on peut définir des niveaux de proximité qui correspondent à des niveaux de prise en charge

 

 

NIVEAU 1 :

 

Doit comporter un accueil d’urgence, assurant la proximité et la rapidité d’intervention en cas de crise, l’identification du problème.

Les urgences classiques doivent pouvoir assurer cet accueil, avec l’aide de personnel spécialisé (psychiatrie de liaison)

L’orientation du patient se fait ensuite éventuellement vers un service d’hospitalisation

 

Principe :

 

§        Conserver et défendre la notion de secteur qui garantit une entité de proximité et des liens primordiaux entre les équipes de niveau 1 et 2

§        Le découpage des secteurs doit se faire en fonction du sens du soin et des réalités géographiques

§        Le lieu d’hospitalisation doit être dans un rayon maximum de 30 mn et doit garder taille humaine (pas de regroupement qui éloigne trop du secteur d’origine et grossit démesurément les établissements).

 

 

NIVEAU 2 :

 

Proximité très grande

Lisibilité et accès très grands

Information auprès de la population et des médecins ou services sociaux très importante

 

Principe :

 

§        Appliquer la loi  qui affirme la nécessité de la proximité, continuité des soins ainsi que le maintien du patient dans son environnement

§        Le dispositif de base est le CMP (Centre médico psychologique), il est l’interlocuteur principal pour toute demande quelle que soit son origine. Il est composé d’une équipe pluridisciplinaire stable. Il offre des réponses diversifiées et assure une mission de prévention auprès de la population.

Il doit être dans la cité, facilement accessible et avec de larges horaires d’ouverture.

Suivant les réalités géographiques, il peut y avoir des CMP annexes à différents endroits du secteur.

§        Les hôpitaux de jour et CATTP (Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel) font partie du socle de base dont tout secteur doit disposer. Ils doivent être dotés de locaux accueillants et conviviaux,  permettant une offre de soins la plus diverse possible pour répondre aux besoins de l’ensemble de la population d’un secteur.

§        Chaque secteur doit pouvoir se doter de dispositifs complémentaires alternatifs à l’hospitalisation  (familles d’accueil, foyers, poste cure…)

 

 

 

Les axes de travail pour le groupe jusqu’à la prochaine réunion

 

§      Affiner la définition des niveaux et réaliser le texte à insérer dans le programme de la coordination

 

§      Faire un état des lieux sur les territoires

 

ØLes dispositifs existants : à l’aide de la fiche inventaire diffusée lors de cette réunion

ØLes modes de rattachement (CHS, Hôpital général, privé)

ØLes découpages de secteurs