Compte-rendu des discussions de la Commission " Réseau Ville –Hôpital "
Depuis plusieurs années les ARH et les organismes sociaux investissent des moyens financiers croissants dans la mise en place de " réseaux de soins ". Ces réseaux formalisent, structurent des relations qui existaient déjà entre praticiens de différentes spécialités, quand l’organisation des soins était basée sur le " bassin de vie ". Les pouvoirs publics gèrent la pénurie qu’ils ont contribué à créer en cherchant à mettre en place ce type d’organisation, en cherchant à " rationaliser " la distribution des soins.
On peut différencier 2 grands types de réseaux :
-Les réseaux inter hospitaliers, qui permettent de mettre à disposition d’un établissement des spécialistes exerçant dans un autre ( ainsi la convention entre le CH de Libourne et celui de Blaye pour la pédiatrie, celle entre le CH de Libourne et celui de Ste Foy la grande pour la chirurgie, ou celle qui existait entre le CH de Bergerac et celui de Ste Foy pour la radiologie)
- Les réseaux organisant la coopération entre les hôpitaux publics et le secteur libéral, voire le secteur social. Ces réseaux sont souvent thématiques, comme celui décrit par le Dr Arnoud, qui est consacré à la Maladie d’Alzenhmeir, ou comme le réseau de médecine physique et de rééducation mis en place autour des CH de Ste Foy la Grande et de Libourne.
Ces réseaux comportent des médecins coordinateurs, des représentants des usagers. Ils visent à apprendre aux différents acteurs à travailler ensemble, puisque les Centres Intercommunaux d’action sociale, les associations de malades, les personnels paramédicaux sont appelés à travailler ensemble.
Ils sont organisés autour des Centre Hospitaliers Généraux, et ils ont également une vocation de formation continue, et de développement de la prévention. La mise en place en Aquitaine du RABAN ( Réseau Aquitain Bronchiolite et Asthme du Nourrisson) a permis de mettre au point un protocole de soins partagé, des grilles d’évaluation de l’état clinique, un accord sur les critères de gravité ( participation du CHU de Bordeaux), et un système de garde respiratoire pour les samedi, dimanche et jours fériés pour assurer la continuité des soins. Avec la réticence cependant que le caractère facultatif d’adhésion au Réseau n’a pas toujours permis la mise en place d’un maillage suffisamment serré pour la réalisation des gardes respiratoires.
Les réseaux sont appelés à évaluer eux-mêmes leur pratique, leur efficacité, le degré de satisfaction des patients. Des experts extérieurs donnent également leur avis sur leur fonctionnement. On peut également poser la question de savoir qui " expertise les experts ".
La discussion a montré cependant les difficultés réelles, et pas uniquement dans le cas des réseaux, à convaincre une partie des praticiens libéraux à coopérer avec les Centres Hospitaliers Publics. Il s’agit donc de créer les conditions de leur participation et de leur collaboration, l’action de l’usager peut être précieuse dans ce cas, quand celui-ci n’hésite pas à montrer sa préférence pour le service public.
Formation, rationalisation, prévention sont les objectifs des réseaux. Ils sont présentés comme le moyen d’améliorer les prises en charges des patients, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’ils sont mis en place dans un contexte difficile : celui de la pénurie de moyens et de praticiens, et qu’ils seront un palliatif à celle-ci.
Philippe Collas Comité de Ste Foy la Grande