Textes d'introduction à la conférence
du 13-01-09
- du Collectif national contre les franchises, pour l'accès aux soins
partout et pour tous et pour une sécurité sociale solidaire(Française
Nay)
- de la Coordination nationale des comités de défense
des hôpitaux et maternités de proximité (Michel Antony)
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Cette
conférence de presse se tient à l’initiative de trois collectifs : la
convergence des collectifs de défense et de développement des services publics,
la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de
proximité et le collectif national contre les franchises, pour l’accès aux soins
partout et pour tous et pour une sécurité sociale solidaire. Je prendrais
la parole au nom de ce dernier. Puis la donnerai à Bernard Defaix pour
convergence et Michel Antony pour la coordination. Les représentants des
organisations syndicales présents (et nous –même) répondront ensuite à vos
questions.
Depuis sa création, notre collectif (constitué de plus de 70
organisations associatives, syndicales et politiques) a dénoncé les obstacles de
plus en nombreux dans l’accès aux soins dans notre pays ; à commencer par
l’instauration des franchises, qui s’ajoutaient au un euro de la réforme Douste
Blazi, au forfait hospitalier passé en 3 ans de 13 à 16 euros par jour, aux
vagues successives de déremboursement de médicaments, à la généralisation des
dépassements d’honoraires qui, avec tact et mesure, ont atteint les 2 milliards
d’euros par an, en 2005.
Parallèlement le tissu hospitalier de notre pays
était mis à mal, suppression de lits, fermetures de services, hôpitaux vidés peu
à peu de leurs activités avec pour conséquences l’accroissement des inégalités
territoriales et sociales, la création de véritables déserts sanitaires qui
cumulent disparition de l’hôpital de proximité et raréfaction de la médecine
libérale.
Toutes choses qui font qu’aujourd’hui, 39% des français ont
déjà retardé ou renoncé à un soin en raison de son coût et 17% en raison de
l’éloignement géographique. (enquête secours populaire 2008)
Un hôpital
soumis à des réformes successives (5 dont la dernière en 2004) – qui peut parler
d’immobilisme ?- à des contraintes budgétaires que l’ensemble des médecins
présidents des comités consultatifs de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris
viennent de qualifier « d’étranglement financier pur et simple » et qui conduit
à une situation de faillite pour 70% d’entre eux. Si le président Sarkozy
brandit les 23 milliards d’euros supplémentaires alloués au budget des hôpitaux
et des cliniques, il faut rappeler que l’hôpital public fait partie des bons
élèves respectueux des objectifs fixés , et que d’autre part, ces augmentations
de budget correspondent à l’accroissement des besoins et à la hausse du coût des
technologies. Par ailleurs, la part des dépenses hospitalières dans les dépenses
d’assurance maladie ne cesse de diminuer depuis 20ans (de 42 à 34%).
Un
hôpital à qui s’applique désormais une logique d’entreprise avec la
rentabilisation des activités et la T2A, une gestion à flux tendu, devant faire
plus et mieux à moyens constants, ne pouvant plus faire face sereinement, de
fait, un hôpital désorganisé, par les politiques menées !
Un hôpital où
le risque de dysfonctionnements et d’erreurs fatales est majoré alors que tout
devrait être fait pour les limiter. A commencer par lui donner les moyens
humains qui lui manquent aujourd’hui cruellement.
Le projet de loi
Bachelot, loin de répondre aux besoins des personnes et des territoires, n’est
qu’un étage supplémentaire dans la poursuite des restructurations à marche
forcée, le tout ouvert au privé, la recomposition du système de santé et de
protection sociale de notre pays.
Ce projet met en place les instances
donnant toute latitude à l’état avec les Agences Régionales de Santé et la
gouvernance.
Directeur de l’ARS, nommés en en conseil de ministre,
nommant eux-mêmes les directeurs d’hôpitaux, pouvant imposer fusion, coopération
sanitaires entre établissements….
Patron directeur, recrutant les
médecins, chapeautant une communauté hospitalière de territoire et décidant des
répartitions de moyens et d’activités médicales entre les différents
établissements la constituant.
Contrôle hiérarchique fort de
l’administration sans contre pouvoir (disparition des instances représentatives,
CA, CME), primauté à une logique comptable écartant la priorité de la dimension
médicale et des soins.
Médecins rémunérés de façon contractuelle sur la
base d’objectifs quantifiés, ou encore paiement à l’acte.
A terme, nous
aurons des usines à soins publiques pour lesquels les délais d’attente pour un
rendez-vous seront toujours plus longs et des cliniques pour soins haut de gamme
à la carte (bleue, la carte)
Cette évolution n’est pas inéluctable. Si
l’on ne veut pas aboutir à un système à plusieurs vitesses basé sur la
sélection économique nous devons protéger l’hôpital et notre système de santé
et de protection sociale. Nous devons réaffirmer la nécessité de développer
une véritable politique de santé publique, de prévention. Nous devons réaffirmer
notre attachement à un système hospitalier de soin public égalitaire.
Depuis plusieurs mois, des centaines d’initiatives se sont tenues
dans toute la France pour cela. A Montceau les mines avec près de 3000 personnes
dans les rues le 13 décembre, à Quimper avec 700 personnes le 20 décembre, à
Aubenas voilà seulement quelques jours avec près de 300 personnes pour débattre
de ces questions.
Nous appelons à marquer la continuité des mobilisations
engagées, tout d’abord le 24 janvier lors d’une journée devant les hôpitaux, et
à Paris lors d’ un rassemblement devant l’hôpital Saint Vincent de Paul à 14H00,
le 29 janvier lors de la journée interprofessionnelle, puis à préparer la
poursuite des mobilisations pour mettre en échec la loi Bachelot de la façon la
plus large et la plus unitaire possible.
Conférence de presse du 13
janvier 2009 – intro Françoise
NAY
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Texte de la Coordination nationale à la conférence de
presse du 13/01/2009
Fondée en 2004 - Adhérente, dès l’origine, de la
Convergence et du Collectif anti-franchise.
Une santé moins solidaire
et moins accessible !!!
Malgré encore une bonne reconnaissance
auprès des françaises et des français, il faut malheureusement reconnaître que
:
Notre système de santé se détériore :
1- il place de plus en
plus les aspects financiers avant les aspects sanitaires et
humanistes
2- il détruit de plus en plus l’équilibre et
l’égalitarisme de l’aménagement du territoire, en regroupant autoritairement
les sites et les services, et en donnant une place accrue au privé : vraie
fracture territoriale !
3- il accentue la fracture sociale et
sanitaire
- chute des consultations : de 20% lors des fusions, de
40% et plus pour les soins coûteux (Secours Populaire), de 37% pour les 4
régions testées par la CFDT Retraités…
- faible couverture mutualiste
des plus pauvres
- nomadisme ou abandon par des patients qui cherchent
moins chers ou plus accessible : pour la CFDT retraités 64% des sondés ont été
confrontés aux dépassements !
- gros problème partout des transferts
qui se multiplient : coûteux, peu sûrs, stupides écologiquement…
è la
réduction de l’offre réduit terriblement la réduction non pas de la
demande, mais de l’accès aux soins pour les plus démunis parmi nous, qui
cumulent souvent difficultés sociales et territoriales !!!
4- il manque
de plus en plus de moyens
- moins de sites et de services
accessibles : les 2/3 des maternités ! 8 départements ne disposent plus que
d’une seule maternité !
- moins de lits disponibles : ¼ en moins dans
le public ! 1/5 de moins dans le public depuis 1991
- moins de personnels
par rapport à des patients de plus en plus nombreux (multiplication par 2
des entrants aux urgences : de 7 à 15 millions - hausse de 260 000
hospitalisations de 2004 à 2006 pour le seul hôpital public…), sans compter le
plan prévisible de 20 000 suppressions de postes pour rétablir le fameux
équilibre, alors qu’il manque déjà des postes (12% ne seraient actuellement pas
fournis !)
Si on s’arrête sur les restructurations en cours, on
peut noter
1- qu’elles n’ont jamais été stoppées, qu’on n’a
jamais évalué les dégâts qu’elles occasionnent et surtout qu’elles
s’accélèrent : Ile de France, Valréas, Ivry, Gap-Sisteron, Champagnole,
Moissac, Juvisy, St Vincent de Paul, Hôtel Dieu…
2- qu’elles révèlent la
duplicité gouvernementale et présidentielle : « on vous aime » dit
Mr. Sarkozy, on prend en compte « patients et territoires » dit Mme Bachelot,
mais en réalité on agit avant même que la loi ne soit discutée !!! On en est
déjà à lancer le recrutement des responsables d’ARS !!! en début janvier 2009,
la loi n’étant ni discutée ni votée et la notion d’ARS non encore acceptée
!!!
Il faut donc réagir fortement contre ce déni de démocratie et
contre cette évolution capitaliste et centraliste accélérée de notre santé
:
- Nos 3 collectifs le font depuis des années, avec une
accentuation depuis octobre 2008 : plus de 200 localités touchées !!! Un
chiffre énorme qui révèle la crise sur tout notre territoire.
- Ils
proposent d’appuyer fortement la journée inter-professionnelle du 29 janvier
en développant partout où c’est possible, avec une des plus larges
intersyndicales jamais atteintes
- Ils appellent à la
préparer et à la lancer dès le 24 janvier en agissant auprès d’hôpitaux
menacés :
- à Paris (St Vincent de Paul)
- en
Savoie et dans l’Ain (Aix les Bains)
- en Gironde
(Bordeaux)
- dans le Jura (Champagnole)
- dans
le Gard (Nîmes, Alès)
- en région parisienne
(Juvisy)
- en Vendée (Sables d’Olonne)…
- en
préparation : Orléans, Lille…
- et sans doute au Havre, à
Marseille, en Ardèche, à Gap-Sisteron, dans les Pyrénées (Lourdes)…
Paris 13/01/2009 - Michel ANTONY
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Coordination
Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de
Proximité
Mairie de St Affrique 12400 - Site
http://www.coordination-nationale.org -
Postmaster@coordination-nationale.org
Association
agréée N2008AG0003 -
Arrêté du 14/08/2008 -
SIREN : 503 711
988 - SIRET : 503 711 988 00017